CHINE

RELEVER ENSEMBLE LES DÉFIS DE NOTRE ÉPOQUE ET BÂTIR UN AVENIR PLUS RADIEUX

Allocution de Monsieur Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine à la première session du 17e Sommet du G20 . Bali, le 15 novembre 2022

Excellence Monsieur le Président Joko Widodo,

Chers Collègues,

C’est un grand plaisir pour moi de participer au Sommet du G20 à Bali. Je voudrais remercier le Président Joko Widodo et le gouvernement indonésien pour les dispositions attentionnées qui ont été prises pour ce sommet. La présidence indonésienne a joué un rôle important dans la promotion de la coopération au sein du G20. Je tiens à exprimer ma haute appréciation.

 Nous connaissons aujourd’hui des changements inédits depuis un siècle, changements que traversent le monde, notre temps et l’Histoire, marqués par la persistance de la COVID-19, la fragilité croissante de l’économie mondiale, les tensions géopolitiques, le grave déficit de gouvernance mondiale et l’enchevêtrement de multiples crises comme les crises alimentaire et énergétique. Face à ces sérieux défis qui se posent au développement de l’humanité, tous les pays doivent garder à l’esprit que l’humanité forme une communauté d’avenir partagé, et œuvrer à la paix, au développement et à la coopération gagnant-gagnant pour remplacer la division par la solidarité, la confrontation par la coopération et l’exclusion par l’inclusion. Qu’est-ce qui est arrivé à notre monde ? Que devons-nous faire ? Nous devons trouver ensemble la réponse à ces questions de notre époque, surmonter les difficultés et bâtir un avenir commun.

Les membres du G20 sont tous grands pays au niveau mondial ou régional. Nous devons nous montrer à la hauteur de nos responsabilités, donner l’exemple et œuvrer au développement de tous les pays, au bien-être de l’humanité et au progrès du monde.

— Nous devons promouvoir un développement mondial plus inclusif. L’union fait la force tandis que la division ne mène nulle part. Nous vivons tous dans le même village planétaire et devons rester solidaires face à toutes sortes de risques et défis. Le clivage idéologique, la politique des groupes et la confrontation des blocs ne font que diviser le monde et entraver le développement mondial et le progrès de l’humanité. La civilisation humaine est entrée dans le 21e siècle et la mentalité de la guerre froide est devenue archaïque depuis longtemps. Nous devons travailler main dans la main pour ouvrir de nouveaux horizons de coopération gagnant-gagnant.

Les différents pays doivent se respecter mutuellement, rechercher des terrains d’entente par-delà les divergences, œuvrer à la coexistence pacifique, promouvoir la construction d’une économie mondiale ouverte et s’abstenir d’agir au détriment des autres, de monter « une petite cour avec de hauts murs » ou de créer de petits cercles exclusifs.

Le G20, comme je l’ai toujours dit, doit rester fidèle à son engagement initial de solidarité et de coopération, porter l’esprit d’entraide face aux difficultés, et poursuivre le principe du consensus. « La canne à sucre et la citronnelle poussent en touffes ». Ce proverbe indonésien démontre que la division et la confrontation ne sont dans l’intérêt de personne, et que la coexistence solidaire est le bon choix à faire.

— Nous devons promouvoir un développement mondial plus bénéfique pour tous. Le véritable développement est un développement commun de tous les pays. La prospérité et la stabilité mondiales ne peuvent pas être construites sur la base de l’appauvrissement des pauvres et de l’enrichissement des riches. Avoir une vie heureuse est l’aspiration commune de tous les pays et la modernisation n’est pas le privilège d’un seul pays. Les pays en avance doivent aider sincèrement les autres à se développer et fournir plus de biens publics mondiaux. Les grands pays doivent assumer les responsabilités qui leur incombent et donner le meilleur d’eux-mêmes pour la cause du développement mondial.

L’Initiative pour le Développement mondial que j’ai avancée a pour but de répondre aux objectifs de long terme et aux besoins réels du développement commun dans le monde. Elle vise à consolider le consensus international sur la promotion du développement, à créer de nouveaux moteurs de développement mondial et à promouvoir le développement et le progrès communs de tous les pays.

Un an après le lancement de cette initiative, plus de 60 pays ont rejoint le Groupe des amis de l’Initiative pour le Développement mondial. Nous avons mis en place le Fonds pour le développement mondial et la coopération Sud-Sud, et accroîtrons nos contributions au Fonds Chine-ONU pour la paix et le développement. Nous élaborerons une liste de coopération pragmatique, mettrons en place un réservoir de projets ouvert, définirons une feuille de route pour la mise en œuvre de cette initiative et nous travaillons avec plus de 100 pays et organisations internationales à faire avancer cette initiative, afin de donner une nouvelle impulsion à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. La Chine a soumis 15 projets au cadre « Action du G20 pour une reprise forte et inclusive », pris part à cinq autres projets dans ce cadre, et travaillera avec les autres membres pour les mettre en œuvre effectivement.

   Nous devons promouvoir un développement mondial plus résilient. La mondialisation économique fait face à des vents contraires et l’économie mondiale, au risque de récession. La vie est difficile pour tout le monde, particulièrement pour les pays en développement. Nous devons plus que jamais accorder une grande importance au développement. Le Sommet de Bali a tracé la perspective de coopération « Se relever ensemble, se relever plus forts » et envoie un message encourageant que le G20 soutient le développement des pays en développement et travaille à prévenir la fragmentation et une reprise déséquilibrée de l’économie mondiale. Nous devons bâtir un partenariat mondial pour la reprise économique, accorder la priorité au développement, placer le peuple au centre de notre action et prendre toujours en compte les difficultés et les préoccupations des pays en développement. La Chine soutient l’adhésion de l’Union Africaine au G20.

Toutes les parties doivent continuer d’approfondir la coopération internationale contre la COVID-19 et renforcer l’accessibilité et l’abordabilité des vaccins, des médicaments et des moyens de diagnostic et de traitement dans les pays en développement, afin de créer des conditions favorables à la reprise économique. Il faut contenir l’inflation mondiale et lutter contre les risques économiques et financiers systémiques, et surtout, les économies développées doivent réduire les effets de débordement négatifs du réajustement de leurs politiques monétaires et assurer la soutenabilité de leurs dettes. Le Fonds monétaire international (FMI) doit accélérer la réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS) aux pays à faible revenu. Les institutions financières internationales et les créanciers commerciaux, principaux créanciers des pays en développement, doivent participer aux efforts d’allègement et de suspension de la dette en faveur des pays en développement. La Chine a pleinement mis en œuvre l’initiative du G20 sur la suspension du service de la dette (ISSD), avec le montant suspendu le plus important parmi les membres du G20. Elle a aussi participé avec les membres concernés à la gestion de la dette dans le cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’ISSD, apportant ainsi son soutien aux pays en développement concernés dans leurs efforts pour surmonter les difficultés.

Le commerce mondial, l’économie numérique, la transition verte et la lutte contre la corruption sont des facteurs importants pour promouvoir le développement mondial. Nous devons continuer de préserver le système commercial multilatéral centré sur l’OMC, de faire avancer activement la réforme de l’OMC, de promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement et de construire une économie mondiale ouverte. Dans le cadre du G20, la Chine a proposé un plan d’action sur la coopération et l’innovation numériques et nous souhaitons travailler avec les différentes parties à créer un environnement ouvert, équitable et non discriminatoire pour le développement de l’économie numérique et à réduire le fossé numérique Nord-Sud. Dans la réponse au changement climatique et la transition verte et bas carbone, il faut respecter le principe des responsabilités communes mais différenciées, fournir des soutiens notamment en matière de fonds, de technologies et de renforcement des capacités aux pays en développement et mener activement la coopération sur la finance verte. La coopération internationale anti-corruption revêt une signification importante. Les membres du G20 doivent continuer à faire preuve de tolérance zéro à l’égard de la corruption, renforcer la coopération internationale concernant les personnes recherchées pour corruption et le recouvrement d’avoirs et s’abstenir de servir de refuge aux éléments corrompus et à leurs avoirs.

 Un environnement international pacifique et stable est indispensable au développement mondial. C’est dans cet esprit que j’ai avancé l’Initiative pour la Sécurité mondiale pour inviter tous les pays à travailler ensemble à faire rayonner l’esprit de la Charte des Nations Unies, à poursuivre le principe de l’indivisibilité de la sécurité, à porter la vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable, à favoriser l’apaisement des conflits par des négociations et le règlement des différends par des consultations et à soutenir tous les efforts favorables au règlement pacifique des crises.

Chers Collègues,

 La sécurité alimentaire et énergétique est le défi le plus urgent pour le développement mondial. Les causes profondes de la crise actuelle ne se trouvent pas dans la production ni dans la demande, mais dans les chaînes d’approvisionnement et la coopération internationale qui sont perturbées. Pour résoudre le problème, les différents pays doivent, sous la coordination des Nations Unies et d’autres organisations internationales multilatérales, renforcer leur coopération sur la régulation du marché, bâtir des partenariats sur les matières premières, construire un marché des matières premières ouvert, stable et soutenable et œuvrer ensemble à fluidifier les chaînes d’approvisionnement et à stabiliser les prix sur le marché. Il faut s’opposer fermement à la politisation et à l’instrumentalisation des questions alimentaire et énergétique et à ce qu’elles soient utilisées comme une arme, et lever les sanctions unilatérales et les restrictions sur les coopérations scientifiques et technologiques concernées. Il est nécessaire de prendre en considération de manière équilibrée les différents facteurs dans le processus de réduction de la consommation des énergies fossiles et de transition vers les énergies propres pour ne pas affecter l’économie et le bien-être de la population. Les pays en développement sont confrontés à des risques plus sérieux en matière de sécurité alimentaire et énergétique. Le G20 doit le garder à l’esprit et leur fournir des soutiens nécessaires notamment en matière de production, de stockage, de fonds et de technologies. Les Nations Unies ont mis en place le Groupe mondial d’intervention en cas de crise alimentaire, énergétique et financière. Le G20 doit exprimer son soutien à cette initiative.

Depuis de longues années, la Chine a apporté une contribution importante à la sécurité alimentaire et énergétique mondiale. Cette année, nous avons avancé avec six pays partenaires dont l’Indonésie et la Serbie l’Initiative de coopération internationale sur  la construction des chaînes industrielles et d’approvisionnement stables et résilientes, préconisé avec plusieurs pays l’établissement d’un partenariat mondial sur les énergies propres et lancé dans le cadre du G20 l’Initiative de coopération sur la sécurité alimentaire mondiale. Nous souhaitons approfondir la coopération avec les différentes parties.

Chers Collègues,

Le Parti communiste chinois a récemment tenu son XXe Congrès national, qui a planifié les objectifs, les missions et les politiques directrices du développement de la cause du Parti et de l’État pour les cinq ans à venir et au-delà. La Chine est déterminée à poursuivre la voie du développement pacifique, à approfondir la réforme et l’ouverture et à promouvoir sur tous les plans le grand renouveau de la nation par la modernisation chinoise. La Chine, qui avance sans cesse vers la modernisation, offrira plus d’opportunités au monde, donnera une plus forte impulsion à la coopération internationale et apportera une plus grande contribution au progrès de l’humanité.

Je vous remercie.

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