L’Etat doit engager sans attendre des réformes hardies

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La crise économique occasionnée par la chute des prix du pétrole sur le marché international a complètement déséquilibré le système économique de notre pays. Pourtant, lors de son adresse à la nation, à l’occasion du 56e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, le président de la république s’est montré très rassurant. « La mauvaise passe actuelle sera surmontée comme nous avons eu à en surmonter des plus importantes par le passé. Les nations fortes sont celles qui transforment les moments de crise en temps d’espérance. L’Etat est à l’œuvre pour conjurer le mauvais sort. C’est la responsabilité de l’Etat d’engager sans attendre des réformes hardies de son initiative et dont il doit être le seul maître » a-t-il dit.
Le paradoxe qui est soulevé ici est celui du suivi et du contrôle des mesures socio-économiques prises dans tous les domaines de la vie sociale. Toute mesure, bonne soit-elle, quand elle n’est pas constamment encadrée par des garde-fous, elle se perd dans l’océan de la négligence des hommes qui sont censés à l’appliquer. D’où la nécessité des évaluations constantes pour sa survivance.
Rappelons que dans la marche vers le développement, programme de société du président de la république de 2016 à 2021, Denis SASSOU-NGUESSO s’est engagé à continuer de piloter les politiques économiques et sociales. La responsabilité lui incombe, entre autres :
• de favoriser l’éclosion des initiatives privées dans tous les secteurs de l’économie ;
• d’attirer en grand nombre les investissements directs étrangers couvrant diverses branches ;
• d’aider au financement direct ou indirect des entreprises ;
• d’accompagner les entreprises dans leurs stratégies de développement et de pérennisation de leurs activités :<br>
• de veiller à l’emploi des jeunes et d’encourager de façon spécifique toutes les entreprises qui donnent la chance aux jeunes d’intégrer le monde du travail ;
• de poursuivre l’équipement du pays en infrastructures de base modernes ;
• de garantir, par des lois et règlements adaptés ainsi que par l’incitation au dialogue social, la répartition équitable de la richesse nationale ;
• de rendre effective la nouvelle sécurité sociale.
Que valent toutes ces « bonnes intentions » sans des réformes hardies ? Le vrai problème concerne donc la mise en pratique de ces mesures.
Dans son discours d’investiture, le président a suscité beaucoup d’enthousiasme en déclarant haut et fort : « A compter d’aujourd’hui, créons la rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé : la paresse, le laxisme, l’irresponsabilité, l’inconscience, la corruption, la fraude, la concussion, l’ethnocentrisme ou l’instinct grégaire, le népotisme et la tendance à la gabegie ». Il a poursuivi en disant : « A compter d’aujourd’hui, renouons tous avec l’esprit du travail, de la rigueur, de la discipline, de la responsabilité, de la probité, de l’unité nationale, du respect de la chose publique et de l’amour de la patrie ».
Quatre mois après cette promesse, force est de constater que la rupture tant attendue tarde visiblement à s’imposer. Les antivaleurs prennent le dessus sur des vraies mesures sociales, voire économiques
Tout le monde ou presque se plaint du laxisme régulièrement constaté dans le suivi des mesures par les services habiletés. L’on se souvient qu’il y a quelques années plusieurs mesures ont été prises par l’Etat en vue de soulager la population et booster l’économie nationale. Cependant, la vente des sachets, la lutte contre les nuisances sonores, la gratuité des pièces d’état-civil, l’homologation des tarifs du transport en commun et bien d’autres mesures encore sont aujourd’hui considérées comme des « non-événements » au regard de la léthargie tristement affiché par les autorités de tutelle.
Il est donc temps, pour ceux qui sont censés, de faire appliquer les mesures sociales ou économiques d’être contrôlés pour une vraie rupture.




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