INTERVIEW DE CHARLES OTENDET, NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA LINAFOOT

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« Les clubs de football devraient fonctionner comme des entreprises. Ce qui exige des dirigeants une certaine capacité d’organisation, des moyens conséquents et un management à la hauteur des attentes du professionnalisme ».

Cette année, la Fécofoot a innové avec la mise en place d’une Ligue Nationale de Football (LINAFOOT) à la tête de laquelle se trouve placé Charles OTENDET, un grand connaisseur du football congolais. Le nouveau président de la Linafoot a été rencontré par la rédaction du Site Groupe Congo Médias. Dans cette longue interview, il revient sur les sa feuille de route et les nouveaux défis à relever.

Quelles sont vos impressions après votre nomination à la tête de la Linafoot ?

Des impressions de joie et de satisfaction. Mais je suis conscient de l’immensité des tâches et des responsabilités inhérentes à ce poste.  Je profite de l’occasion pour remercier le Président de la Fécofoot, Jean-Guy Blaise Lionel MAYOLAS pour la confiance qu’il a placé en ma modeste personne.

 Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs du site Groupe Congo Médias ?

Formé en tant que professeur d’éducation physique et entraineur de football après plusieurs stages et formations en Tunisie, en Allemagne, en Algérie et sur place au Congo, je me suis lancé dans l’enseignement et l’encadrement sportif.

Présentement, je suis enseignant à l’Institut des Sports et de l’Education Physique et Sportive (ISEPS) de l’Université Marien NGOUABI et depuis 2008, je suis Directeur du Centre National de Formation de Football (CFPP). Ce centre représente la pépinière du football congolais. Sous ma direction, le centre a remporté la médaille de bronze à la CAN des cadets (U-17) en 2011 avec à la clé une participation à la coupe du monde de la catégorie, la double médaille d’Or aux jeux de la Francophonie de 2009 (à Beyrouth au Liban) et 2013 (à Nice en France).

Après un passage au Club Athlétique Renaissance Aiglon (CARA) de 1975 à 1981 en qualité d’entraineur, j’ai assumé la fonction de Directeur Technique National (DTN) entre 1976 – 1979 et entre 1992 – 2000. En tant que DT, j’ai conduis l’équipe des Diables Rouges à la CAN 1978 au Ghana et à la CAN 2000 au Nigeria.

Sur le plan administratif, j’ai été Secrétaire Général de la Fécofoot à deux reprises (de 1976-1979 et 2001-2006) et conseiller du ministre Gabriel OBA APOUNOU six ans durant.

Voilà de façon brève le parcours de Charles OTENDET, le nouveau président de la Linafoot.

 La Linafoot à côté de la Fécofoot. N’est-ce pas une structure de trop ?

Je pense que nous sommes en retard. On aurait pu le faire depuis longtemps. La Linafoot est une structure subordonnée à la Fécofoot. Il n’y a pas d’ambiguïté entre les deux structures.

La Ligue nationale de football (Linafoot) a pour mission, comme auparavant, d’organiser toutes les compétitions nationales de football messieurs et dames de toutes les catégories sous la supervision de la Fécofoot. Cette nouvelle organisation voulue par Jean Guy Blaise MAYOLAS et son équipe permettra enfin à la fédération de suivre avec beaucoup d’attention les activités menées par cette commission afin d’éviter les failles.

 Pourquoi revenir sur la Linafoot après une première expérience entre 2001 et 2005 sous la présidence de Sylvestre MBONGO ?

Il y a une maxime populaire qui dit : «  Tout change, tout évolue. Seuls les imbéciles ne changent pas ». Après réflexion nous avons résolu de revenir sur cette expérience. Pour cela, je dis bravo au Président MAYOLAS.

Le championnat national ligue 1 est en perte de vitesse. La preuve, le Congo a vu son quota de clubs en coupes africaines des clubs passé de 4 à 2. Pensez-vous que la mise en place de la Linafoot soit une solution miracle à ce problème ?

C’est justement pour rehausser le niveau du football congolais que nous sommes revenus à la Linafoot. Il était temps qu’un organe spécifique s’occupe du championnat d’élite. Pour redynamiser notre championnat ligue 1, nous devons veiller sur la quantité et la qualité des clubs. Il y’ a quelques années, vingt (20) clubs disputaient le championnat national. Pour des besoins de qualités, nous sommes passés à 18, à 16 avant de se retrouver cette saison à 14 clubs. D’ici la saison prochaine, nous verrons jusqu’à quel niveau on peut stabiliser avec des clubs ayant une ossature, des moyens et une organisation de qualité, capable de rivaliser avec les meilleurs clubs d’Afrique.

Peut – on s’attendre à un partenariat Linafoot – ONSSU ?

Vous soulevez là une question de très grande importance qui à mon avis devrait interpeller les décideurs du football congolais. J’ai une  double veste : celle d’encadreur d’éducation physique et celle de dirigeant de football. L’ONSSU fait partie de ma carrière. En 1969, j’ai assumé les fonctions de responsable de l’ONSSU dans la région des Plateaux, chargé d’organiser les compétitions scolaires dans cette partie du pays et j’ai par la suite participé à des compétitions nationales au sein de cet organe. Beaucoup de talents des clubs et de la sélection ont été révéler lors des compétitions de l’ONSSU.

Il faut donc une grande réflexion sur la question. L’actuel ministre des sports et de l’éducation physique, Hugues NGOUELONDELE, a une vision axée sur les réformes et les textes.  Parmi les reformes en vue, il y a la question de l’ONSSU qui fait l’objet d’une étude approfondie. Les résultats ne sauront tarder.

Quelles dispositions ont été prises par la Linafoot pour éviter le chevauchement des compétitions nationales et internationales constaté depuis quelques années ?

Cette année, nous avons anticipé sur la question dès lors que les calendriers des compétitions africaines interclubs ont été publiés. Ces dates ont été prises en compte dans l’élaboration du calendrier de la ligue 1 qui débute le 8 décembre prochain. Sauf cas de force majeur, aucune compétition ne va interférer sur l’autre.

 Grace à un partenariat Fecofoot – SNPC, les primes des vainqueurs du Championnat national et de la coupe du Congo ont été relevées à 12.000.000 FCFA l’année dernière. Peut –on espérer cette collaboration pour l’avenir avec la Linafoot ou était-ce qu’un feu de paille?

Personnellement, je connais certains responsables de la SNPC notamment le Président Raoul Maixent OMINGA. Je pense que ce n’est pas un feu de paille. Cependant, la SNPC seule ne suffit pas. Il faudra aussi compter sur d’autres sociétés qui devront emboiter le pas à la SNPC. Je pense particulièrement aux sociétés pétrolières (Total, ENI Congo, PUMA, X-OIL,…) et aux banques (BGFI Bank, BSCA Bank, LCB Bank, Banque Postale du Congo,…).

Quelles sont les innovations que vous avez apportez au championnat national qui démarre le 8 décembre prochain ?

Il n’y a pas mal d’éléments nouveaux visant à améliorer la qualité du jeu et l’efficacité des acteurs. Le nouveau règlement de la compétition comporte des articles qui remettront assurément de l’ordre dans divers aspects tels que : la qualification des joueurs qui est à la base de beaucoup de polémiques.

En outre, nous avons instruits les arbitres et les commissaires de matchs d’envoyer un rapport express de chaque rencontre par SMS ou par mail, juste après le coup de sifflet final, en attendant les avis d’homologation. Ce rapport devait comporter le score, les buteurs, les actions phares, les éventuels incidents. Ceci pour s’arrimer à la modernité et au professionnalisme.

Y’a-t-il dans votre équipe des dirigeants des clubs d’élite ayant des fonctions ou des tâches dans leurs clubs d’origine ou est-ce que tous les membres nommés sont impartiaux ?

Nous avons reçus des instructions fermes du comité exécutif de la Fecofoot à propos de la rigueur et la dextérité avec laquelle doit être dirigé la Linafoot. Personne parmi les membres de la Linafoot n’a de responsabilités au sein des clubs d’élite. Nous veillerons à ce qu’aucun d’entre nous ne soit à cheval entre la Linafoot et son club d’origine pour éviter des conflits d’intérêt.

Un dernier mot pour clôturer cet entretien ?

Je voudrais m’adresser particulièrement aux présidents des clubs pour qu’ils prennent à cœur le professionnalisme du football qui s’impose à nous aujourd’hui. Les clubs de football devraient fonctionner comme des entreprises. Ce qui exige des dirigeants une certaine capacité d’organisation, des moyens conséquents et un management à la hauteur des attentes du professionnalisme. Il y a au Congo, des vieux de plus de 50 ans qui n’ont ni de siège, ni de terrain d’entrainement et même sans compte bancaire. Comment peut-on espérer développer notre football avec de telles réalités ?

J’aimerais aussi attirer l’attention des supporters,  qui en réalité brillent beaucoup plus par des antivaleurs alors qu’ailleurs, ce sont eux qui sont à la base du dynamisme économique des clubs. Au Congo, les supporters devraient apprendre  à cotiser régulièrement pour soutenir leurs clubs respectifs dans la maitrise de charges et des projets de développement. La gestion et l’avenir des clubs ne doivent pas revenir, comme on le constate, aux seuls Présidents ou responsables des clubs. Ils doivent fonctionner comme des entreprises.

 

Propos recueillis par Aubin Benjamin KAYA

 

BUREAU DE LA LINAFOOT

Président de la Linafoot : Charles OTENDE

Premier vice-président : Mamadou DJAKITE

Deuxième vice-président : Gaétan Victor OBORABASSI

Secrétaire Général : Armand Jean Blaise LOUAMOU

Secrétaire Général adjoint : Paul Samba.

Trésorier Général : Claude KOULENGANA

Membres : François NGANGA, Jean Bruno OPANDE, Eudes MAMOUNA, Hortense MADI AVOUNOU et Léonard LOUFINGOU

 

LES 14 ÉQUIPES DE LIGUE 1 SAISON 2018-2019

1- AC Léopard
2- AS Otoho
3- AS Cheminots
4- CARA
5- Diables Noirs
6- Etoile du Congo
7- FC Kondzo
8- Interclub
9- Jeunesse Sportive de Talangaï
10- La Mancha
11- Nico Nicoyé
12- Patronage SA
13- Tongo FC
14- V Club Mokanda

 




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