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Santé

EDITORIAL : L’APRES CORONAVIRUS, URGENCE VERS DE NOUVEAUX PARADIGMES SANITAIRES POUR LES ETATS AFRICAINS

Les spécialistes les plus pointus s’accordent à dire que le  monde ne sera plus le même après le coronavirus dont la fin  est encore incertaine, au regard de la détection quotidienne de nouveaux cas, et en l’absence d’un protocole thérapeutique et d’un vaccin qui feraient l’unanimité  au sein de la communauté  scientifique mondiale.

A  l’image des efforts nationalistes de chaque Etat  dans la prise en charge des malades du covid 19, ce qui  traduit un certain repli sur soi, donc l’expression d’une  certaine « indépendance  sanitaire  naissante», une sorte de chacun pour soi, Dieu pour tous,  les Etats du monde pourraient, au sortir du coronavirus, être contraints de s’assumer véritablement sans de réels appuis étrangers, en comptant d’abord sur leurs propres efforts. Quelques scénarios vont vraisemblablement se produire dans plusieurs  domaines de la  vie des Etats. Il s’agit par exemple de la recherche biomédicale  dans laquelle plusieurs  pays, le cas de ceux d’Afrique doivent cesser d’être spectateurs, attentistes des protocoles  thérapeutiques de la Chine, de l’Inde ou de L’Europe. Une Europe dont certains citoyens proposent même, et à juste titre d’ailleurs,  la relocalisation sur son sol  de la production de certains  principes actifs de médicaments, longtemps laissés apanage de la Chine et de l’Inde.

Si l’Afrique n’investit pas conséquemment dans la recherche biomédicale ou le développement de la médecine alternative,  il est à craindre dans l’avenir des situations dramatiques,  dans le domaine de la santé publique, en cas notamment de  survenue d’épidémies.

De nombreux Africains ont salué la découverte du covid 19, ce remède  contre le coronavirus  mis au point par Madagascar,  la grande ile africaine. Un remède  que certains préfèrent appeler par décoction ou tisane. Là n’est pas le problème. Dans la pratique, plus de quinze pays africains ont déjà marqué leur solidarité au peuple malgache en important des doses du Covid Organic, bravant ainsi la persistante prudence  recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé, ce régulateur mondiale des vaccins et des médicaments,  dont les critiques sur les réseaux sociaux de la part des Africains de plus en plus ouvertes, sont d’une violence et d’une acerbité jamais notées dans le passé.  Plusieurs voix d’Africains s’élèvent d’ailleurs pour proposer la mise en place sur le continent de l’Organisation Africaine de la Santé, qui aurait à charge une meilleure prise en charge des pathologies sur le continent et l’organisation de ripostes aux situations d’urgence sanitaire.

Créer l’Organisation Africaine de la Santé est une chose. Mais l’on sait bien que les expériences antérieures montrent bien que l’Afrique fait  montre de plusieurs  faiblesses en matière d’organisation communautaires inter Etats. L’exemple  de l’Union Africaine peut être cité. En effet, cette organisation  ne dispose pas aujourd’hui  d’un modèle de financement propre, ce qui a pour conséquence le fait que cette institution fait du sur place, faute de ressources financières  pour mettre en œuvre des projets de développement , commerciaux et d’intégration à impact social réel. On se demande bien alors comment   l’Organisation Africaine de la Santé pourrait bien se montrer efficace  dans un tel  contexte, étant donné que la recherche médicale ou la gestion des crises sanitaires nécessitent de lourds investissements. Le risque serait alors grand de faire vivre l’organisation grâce à  des financements d’Etats et d’organismes non africains  comme l’OMS, ce  qui auraient pour conséquence une main  mise de ces derniers sur les activités de cet organisme africain de la santé,  réduisant  de fait sa marge de manœuvres, et , in fine , le vouant à la disparition.

Les Etats forts, voila  ce qui semble plutôt plausible. En effet, la question de la santé demeure avant tout un attribut de souveraineté des Etats. C’est ce qui explique  incontestablement cette espèce de Chacun pour soit, Dieu pour tous observé en ce moment dans la prise en charge de malades du coronavirus par les Etats, chacun à sa manière, avec ses protocoles thérapeutiques gardés secrets dans la plupart des pays du monde, en dehors de quelques uns comme le Sénégal dont les scientifiques ont clairement attesté  dans les médias  l’efficacité de la chloroquine.

Dans le domaine de la santé, les Etats africains sont appelés à augmenter  dans leur budget la part réservée à la santé, dans un continent où  l’objectif 15 % des  budgets nationaux au profit de la santé n’est atteint que par deux pays, pouvait on apprendre en juillet 2019 à Brazzaville, lors du  sommet panafricain de  haut niveau consacré au financement du sida et de la santé. Cette rencontre fût organisée par   le Parlement panafricain, qui plaidait alors  pour la mobilisation de plus de ressources financières afin de mieux faire face aux défis de la santé. Où en est –on avec le plaidoyer fait par les parlementaires africains lors de ces assises ? Pas sûr que les choses aient bougé entre temps.

Autre domaine dans lequel les Etats africains sont appelés à investir, la création des centres de recherche digne de ce nom, dotés de grandes ambitions. Dans  ces centres qui doivent être bien équipés devra être  développé avec abnégation la recherche sur les maladies  et les virus. La recherche sur le paludisme, cause d’une  mortalité élevée sur le continent pourrait y trouver une bonne place, avec   à  terme l’objectif suprême  de développement d’un vaccin. Le développement du vaccin contre le paludisme qui ne pourra pas être inscrit comme priorité par les chercheurs des  pays « non paludéens », s’accordent à dire de nombreux analystes. Ce n’est que grâce à  des centres de recherches forts que pourra se développer un réseautage africain fort pour le partage d’expériences et d’informations de ceux-ci, ce qui permettrait à l’Organisation Africaine de la Santé,  au cas où elle venait à être créée, d’être forte .Mais à vrai dire, sa création ne pourra être que la dernière étape d’un processus. La dernière pièce du puzzle.

Photo: Le Président malgache , Andry  RAJOELINA , buvant publiquement le Covid Organic, l’image  a fait le tour de la planete

Par Jean Eudes GANGA MICKEMBY 

Directeur du Groupe Congo Médias

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