CONGO/SANTE : LE PROFESSEUR ALEXIS ELIRA DOKEKIAS PRESENTE L’INTERET DE LA FORMATION DES FORMATEURS SUR LA DREPANOCYTOSE A BRAZZAVILLE.

272

Le Directeur Général du Centre National de Référence de la Drépanocytose de Brazzaville dont l’engagement pour la prise en charge des patients souffrant de cette maladie n’est plus a démonter, a donné aux participants dans la capitale congolaise à un atelier de formation des formateurs sur cette pathologie chronique, l’occasion de participer à une phase pratique au centre qu’il dirige en plein CHU. Grace à cette phase, ces derniers venus de plus de quarante districts sanitaires du pays ont été en contact avec les malades présentant divers cas.

GROUPE CONGO MEDIAS : Quel est l’intérêt d’une phase pratique dans le cadre de cette formation des formateurs ?

Professeur Alexis ELIRA DOKEKIAS: Vous savez, ce que la personne retient mieux c’est ce qu’elle a vu, pas ce qu’elle a entendu. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité qu’après la formation de mise à niveau de nos collègues qui sont de futurs formateurs dans leurs districts sanitaires d’origine, nous leur assurions un guide de formateur pour qu’ils voient la méthodologie à utiliser pour transmettre l’information aux autres qui ne sont pas venus participer à l’atelier  avec des indications précises(. ..) Nous leur avons donné le guide d’orientation sur le dépistage et la prise en charge de la drépanocytose mais cela ne suffit pas ! Voilà pourquoi aujourd’hui nous avons été très heureux de les accueillir pour leur montrer la situation pratique.

G.C.M : Pouvez vous nous parler de quelques cas auxquels ils ont fait face ?

Pr A.E.D : Ici, ils ont été en face des enfants drépanocytaires qui sont arrivés en crise de douleurs. Pourtant ils ont eu les aspects théoriques qu’on a énoncés hier. Sur le plan pratique il fallait, sous notre œil, qu’ils s’exercent pour nous montrer comment assurer la prise en charge pratique de cet enfant drépanocytaire quand ils seront repartis. Un deuxième cas de figure, ils sont reçu une femme enceinte drépanocytaire qui est venue devant eux en train de se plaindre de douleurs. Ils ont vu comment nous avons abordé la dame (…) j’ai demandé si le conjoint a déjà fait son électrophorèse d’hémoglobine parce que cette patiente est drépanocytaire totale. Si son conjoint n’a pas fait l’examen et qu’il est par exemple partiel, ils auront une fois sur deux la possibilité de donner naissance à un enfant qui est total comme elle. Les collègues ont pu voir comment nous avons cheminé pour assurer le traitement de cette fille. Nous avons aussi reçu des patients qui sont arrivés par manque de sang. Ce matin le premier patient qu’on avait avec eux est un jeune homme de quatorze ans qui est venu en anémie sévère. Il sont vu comment on a conduit la prise en charge de cet enfant. Même ceux qui étaient en laboratoire ont été faire des épreuves pratiques, des tests pour savoir comment dépister la drépanocytose. Ensuite nous les avons évalués pour voir qu’est ce qu’ils ont pu acquérir et qu’est ce qu’ils n’ont pas pu acquérir !

G.C.M : C’est bien d’être formés mais repartir dans les centres de santé ou les plateaux techniques sont souvent défaillent constitue  aussi une contrainte !

Pr A.E.D : Moi je dis que le problème de plateaux techniques est faux parce que le drépanocytaire est un patient, le plateau technique est un lit d’hôpital! Ces sont des médicaments qu’il faut préparer et les collègues qui sont ici ont vu quel type de produits il faut utiliser en cas de telles ou telles autre complications. Ils sont des directeurs d’hôpitaux et proviennent de quarante deux districts sanitaires de la République. Ce n’est donc pas un problème de moyens dans un premier temps mais un problème de volonté. C’est une maladie chronique, elle ne paye pas beaucoup. Je suis médecin et je dois vous dire que le médecin ne doit pas mettre en comparaison la vie avec les moyens. Il doit mettre les deux ensemble, et pour mettre les deux ensemble il prévoit et il s’engage. Très peu de médecins s’occupent de la drépanocytose parce qu’ils se disent que c’est le parent pauvre (…) le médecin doit organiser les choses avec la structure de transfusion sanguine qui est sur place dispose de sang en permanence. Le problème de moyens, je pense qu’il faut le relativiser. C’est d’abord l’engagement. Mes collègues devraient se dire, j’ai été formé à Brazzaville pour la drépanocytose, est ce que je peux maintenant m’engager à assurer le suivi , dans la limite de mes possibilités , des patients de retour dans ma localité.

Photo  : Le Professeur Elira DOKEKIAS répondant à nos questions (Crédit Groupe Congo Medias)

Vous pouvez écouter la version audio de cette interview du Professeur Alexis ELIRA DOKEKIAS

Contacts de notre rédaction : gcm.redaction16@gmail.com

Téléphone & Whatsapp: 00242 O6629 92 35





Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *