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CONGO/LIBERTÉ DE PRESSE: LE CONSEIL DEMANDE L’ANNULATION  DE LA  SUSPENSION DU JOURNALISTE PAUL FULMOS ATONGUI NDINGA

Le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC) a qualifié de  juridiquement non fondée la note de service relative à la « suspension pour insubordination notoire à l’autorité hiérarchique » prise par le préfet de la Likouala Gilbert DJOMBO  à l’encontre de Paul Fulmos ATONGUI NDINGA, Journaliste correspondant de Radio-Congo et Directeur de la Radio Télé Likouala. Réuni en séance plénière, vendredi 26 juin 2020 à Brazzaville, le collège des membres du CSLC a rendu public une délibération dans laquelle le Conseil « Condamne, fermement,  l’abus de pouvoir ostentatoire (…)» et « demande au gouvernement d’annuler purement et simplement (…)» ladite note de service prise le 19 juin dernier par le tout puissant préfet de la Likouala à l’encontre de ce  journaliste qui n’a fait que son travail en toute indépendance.  

Au terme de la plénière du collège des membres du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication tenue, vendredi 26 juin, le Conseil a livré son verdict sur la « suspension » de Paul Fulmos ATONGUI NDINGA « pour insubordination notoire à l’autorité hiérarchique» décidée unilatéralement par Gilbert DJOMBO, préfet de la Likouala qui, en dehors de cette décision de suspension « … a proféré des menaces, par des propos désobligeants, à l’endroit du journaliste et ordonné son arrestation par la Police», précise la déclaration du conseil.

Au regard du rapport d’audition de la délégation départementale du CSLC dans la Likouala, le conseil a, dans sa délibération,  relevé que : « Le journaliste Paul Fulmos ATONGUI NDINGA, correspondant de Radio-Congo et Directeur de Radio Télé Likouala, n’a commis aucune faute professionnelle ». Le Conseil a indiqué que les faits reprochés au journaliste par le Préfet de la Likouala « …ne constituent aucunement une infraction au Code d’Ethique et de Déontologie des professionnelles de l’information et de la communication ».

Face à cette situation portant atteinte à la liberté de la presse, le Conseil a dénoncé les actes posés par Gilbert DJOMBO qui s’est permis de sanctionner un journaliste sans soumettre le dossier à l’arbitrage du Conseil. Le Régulateur des médias qui est le seul organe habileté à sanctionner les professionnels de l’information et de la communication, en cas de faute professionnelle, a fermement condamné « … l’abus de pouvoir ostentatoire et les instructions données par le préfet de la Likouala, M. Gilbert DJOMBO au correspondant de Radio-Congo, Directeur de Radio Télé Likouala, dans l’exercice de son métier de journaliste »  et  « demandé  au Gouvernement d’annuler purement et simplement la note de service n°015/MID/DL/P/Cab du 19 juin 2020, relative à la « suspension pour insubordination notoire à l’autorité hiérarchique » prise par le préfet de la Likouala à l’encontre du journaliste Paul Fulmos ATONGUI NDINGA, car celle-ci n’a aucun fondement juridique et porte atteinte à l’Article 6 alinéa 2 », précise la déclaration lue par Asie Dominique de Marseille, Membre du Collège.

La Liberté de la presse est-elle morte ?

Comme un rédacteur en chef qui voit ses ordres être sapés par les journalistes placés sous sa responsabilité,  le Préfet Gilbert DJOMBO a vu d’un mauvais œil le fait que Paul Fulmos ANTONGUI NDINGA ait rapporté des informations au journal de 19h de Radio-Congo, rediffusées le jeudi 18 juin aux éditions de 13h et 15h de la même Radio sans obtenir son aval. Pour le Préfet ,l’annonce de ces informations qui  portaient d’une part sur une cérémonie de remise symbolique de contribution financière de 50.000 F CFA du chef de la tribu Mbondzo à l’Association « Bana Mboka  pour la construction du Lycée d’Epena était de son  ressort d’où la fameuse « suspension pour insubordination notoire à l’autorité à la hiérarchie». Il a oublié que le journaliste n’a pas à recevoir d’ordres de qui que ce soit, dans l’exercice de son métier, en dehors de ceux  émanant des responsables du média pour lequel il travaille.

C’est donc pour avoir fait son travail en toute impartialité que : « Paul Fulmos ANTONGUI NDINGA  a été convoqué par le préfet, à une réunion, jeudi 18 juin, à 10h, à son bureau, au cours de laquelle ce dernier lui reproche d’avoir d’une part, annoncé l’arrivée, dans la Likouala, du Ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, alors que, selon lui, cette prérogative révèle du Préfet, et d’autre part couvert la cérémonie de remise de la contribution financière du chef de tribu Mbondzo à l’Association « Bana Mboka », précise le rapport d’audition de la délégation départementale du CSLC dans la Likouala.

Le travail du journaliste étant de rechercher la vraie information, la traiter puis la diffuser, le journaliste correspondant de Radio-Congo « …n’a aucunement commis une infraction au Code d’Ethique et de Déontologie des professionnelles de l’information et de la communication », a reconnu le Conseil.  Malgré par professionnalisme par lequel le journaliste a brillé dans le traitement de cette information,  Gilbert DJOMBO dont la récurrence des décisions abusives sur la presse dans la Likouala a été dénoncée par le CSLC n’a pas hésiter d’user de son pouvoir pour le menacer allant jusqu’à ordonner son arrestation et sa suspension de ses fonctions. Arrêté par la police, le journaliste a été remis en liberté par manque motif justifiant sa détention.

Ces pratiques qui tirent vers le bas les valeurs démocratiques au Congo doivent être combattues pour garantir la liberté de la presse dans le pays. Le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication qui, depuis un moment, joue sa partition dans la défense des intérêts des professionnels de l’information et de la communication a intérêt à faire comprendre à ces autorités qu’ils ne devraient pas prendre les journalistes comme des adversaires politiques. Les journalistes de leur côté devraient commencer à se faire entendre autrement en cas de récidive. Le recours à « la journée sans presse » interpellerait beaucoup plus l’opinion  et contribuerait à faire avancer les choses dans le pays.

Le Conseil a profité de l’occasion pour rendre un vibrant hommage aux journalistes disparus ces derniers jours dont l’un des plus grand que la corporation ne cesse de regretter le départ trop tôt  est le journaliste-écrivain Mfumu Fylla Saint-Eudes décédé le mardi 23 juin à Brazzaville.

Photo 1 : Les membres  du Conseil rendant hommage aux journalistes décédés

Photo 2 : Le Présidium de la cérémonie

(Crédit GROUPE CONGO MEDIAS)

Contacts de notre rédaction : gcm.redaction16@gmail.com

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