CONGO/ SYLVESTRE OSSIALA : « AVEC CETTE CRISE DES COURS DU PETROLE NOUS REVENONS AUX FONDAMENTAUX DE L’ECONOMIE. FAIRE QUE LES PME REBONDISSENT…»

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Dans le cadre de la l’opérationnalisation  du Programme National de Développement 2018-2022 , le Ministère du Plan, de la Statistique et  de l’Intégration  Régionale a organisé du         7 au 9 aout 2019  à Brazzaville ,  avec l’appui de la Banque Mondiale à travers le PADEC (Projet d’appui au développement des entreprises et à la compétitivité) , un atelier de sensibilisation des entreprises du secteur privé  sur le thème  « rôle moteur du secteur privé dans la diversification de l’économie congolaise ». Aux termes de cet atelier dont il a présidé la cérémonie de clôture, Sylvestre OSSIALA Coordonnateur du  groupe des Experts de la Banque mondiale pour le Programme  National de Développement s’est prêté aux  questions de la presse.

groupecongomedias.com : Quel est l’intérêt  d’impliquer le secteur privé dans  la diversification de l’économie du Congo ?

Sylvestre OSSIALA : La diversification  c’est le pilier principal  d’après ce que le PND    (Ndlr : Programme National de Développement 2018-2022) nous a dit. Nous nous sommes donc basés sur cette certitude pour travailler avec une autre petite certitude, c’est que  cette diversification est portée par le secteur privé. Il nous fallait donc rencontrer les acteurs de ce secteur privé pour discuter, voir les difficultés qui sont les leurs , voir les encouragements dans leurs actions et nous l’avons fait pendant trois jours au niveau de Brazzaville. Nous allons le poursuivre à Pointe noire, à Dolisie, à Nkayi, à Ouesso, à Owando, à  Oyo là ou nous avons une amorce de développement sectoriel.  Nous n’avons pas tout bouclé mais nous nous sommes mis sur le chemin pour comprendre que le Congolais devrait protéger et respecter son secteur privé. Sans le secteur privé il n’y a pas de pays. Le pétrole est là pour nous servir comme de rampe de lancement et nous devons nous servir de ce pétrole là pour servir le secteur privé, l’anoblir, le rendre compétitif et lui donner les moyens de s’épanouir et d’entrainer avec lui le développement de tout notre pays.

GCM : Autours de quoi ont tourné les besoins du secteur privé ?

S.O : C’est une très bonne question ! Par la suite ce secteur privé a démontré sa capacité de travail, ce qu’il fait. Néanmoins, il a exprimé aussi des doléances en ce que l’Etat pouvait faire mieux avec peu. Et bien entendu, de ce point de vue il a insisté sur les infrastructures  de base à mettre à sa disposition  et surtout au travail qu’il faut mener au niveau de l’amélioration du climat des affaires.

GCM : Que faire pour protéger, encourager et sécuriser le secteur privé ?

S.O : Il faut un travail de sociologie pour que tout le monde comprenne ce que c’est que ce secteur privé et quel est son rôle ! Ensuite, c’est même ce secteur privé qui a exprimé les besoins, ce qu’il faut pour qu’il se sente à l’aise, protégé, encouragé et motivé. Pour dire simple, cela passe par l’amélioration du climat des affaires,  par la mise à leur disposition de ce que nous appelons les infrastructures de base comme le transport, l’eau, l’électricité, les technologies de la communication, tout ce qui permet d’accompagner le travail du secteur privé  ici ET ailleurs.

GCM : Quel est le niveau de contribution des PME dans notre pays dans le PIB ?

S.O : C’est cela tout l’enjeu de ce que veut le PND. Nous sommes encore à un stade embryonnaire tel que nous percevons nos PME, notre système industriel. Nous étions à des niveaux  élevés mais ce qu’on appelle le mal hollandais a fait que nous nous soyons départis des autres secteurs. Il faut revenir à la charge. Une crise n’est pas toujours une mauvaise chose. Avec cette crise des cours du pétrole nous revenons aux fondamentaux de l’économie qui relèvent de la question que vous avez posée. Faire que les PME rebondissent, faire que l’artisanat rebondisse et qu’elle pousse l’industrie et que l’industrie tire son existence  de cet artisanat. C’est le combat qui est le notre, c’est le combat qui est celui du PND.

Propos recueillis par Jean Eudes GANGA MICKEMBY

Audio : L’interview du Coordonnateur du groupe des Experts de la Banque mondiale, Sylvestre OSSIALA

Photo : Sylvestre OSSIALA répondant aux questions des journalistes (Crédit Vision Pro)




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