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Santé

CONGO/SEXUALITE: AVENIR NEPAD PLAIDE POUR UNE MEILLEURE ORGANISATION DE LA PRATIQUE DE L’AVORTEMENT

L’Association Avenir Nepad Congo a présenté quatre rapports d’études réalisées sur les problématiques liées aux Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR) et aux Violences basées sur le genre (VBG), particulièrement sur l’épineuse question des avortements à risques et clandestins dont sont victimes les filles et femmes en République au Congo.  Ces documents rendus publics au cours d’un déjeuner de presse tenu le samedi 26 septembre 2020 à Brazzaville, dans le cadre de la célébration de la semaine contraceptive, servent de base de données qui permettra à l’association de mener un plaidoyer en faveur des Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive au Congo.

Association militant contre toutes les formes de violences basées sur le genre et pour le  respect des droits à la santé sexuelle et reproductive au Congo, Avenir Nepad Congo a mené des études sur des thématiques liées à l’avortement, ses causes ainsi que  ses conséquences. Réalisées par des consultants, les études menées sur le terrain ont permis à l’association de se doter des outils d’appréciation de ce phénom

ène et constituent pour l’association des argumentaires de « Plaidoyer pour un avortement sans risque en République du Congo. Les données recueillies  permettront de mener le  plaidoyer afin de contribuer à la réduction de ce phénomène à travers non seulement la promotion des instruments juridiques existants, mais aussi et surtout, à travers les dialogues politiques et le  plaidoyer », a indiqué Etanislas NGODI, Coordonnateur de l’association.

Les documents présentés à la presse dans le cadre des activités de la semaine contraceptive, qui vise à rappeler aux gouvernements leurs engagements en matière de promotion, défense et protection des droits à la santé sexuelle et reproductive étaient constitués entre autres d’études sur : « La problématique des avortements médicamenteux en République du Congo ; le cadre juridique et légale sur l’avortement en République du Congo ; les déterminants et conséquences des avortements clandestins en République du Congo et l’enquête démographique sur les avortements clandestins en République du Congo », a énuméré Ornaël Mikhaël DJEMBO, Chargé des programmes de ladite association.

Ces rapports d’études abordent des thématiques spécifiques, qui au regard de l’ampleur du phénomène a conduit l’association à formuler des recommandations à l’endroit du gouvernement de la république en vue d’une meilleure organisation de la pratique de l’avortement dans les centres hospitaliers pour limiter les risques. Il s’agit entre autres « D’organiser la pratique de l’avortement dans les centres publics et privés afin de standardiser les méthodes et minimiser ainsi d’éventuels risques, par l’élaboration de la loi d’application touchant l’avortement médicamenteux ; vulgariser le protocole le plus sûr afin de permettre aux femmes de le faire en toute sécurité tout en tenant compte du fait que chaque femme est un cas particulier ».

Si l’étude sur le cadre juridique explore les principes de base des lois sur l’avortement, analyse les principaux obstacles juridiques qui empêchent aux femmes l’accès au service d’avortement sécurisé et fait une analyse critique de la législation restrictive en matière d’avortement, les trois autres abordent en général la question de l’avortement , ses auteurs, ses causes et conséquences ainsi que la situation de l’avortement au Congo en mettant un accent particulier sur les différents types d’avortements les plus fréquents et les tranches d’âge les plus impliquées dans cette pratique non légalisée.

Une vue d’un échantillon des rapports présentés à la presse

Faut-il autoriser l’avortement ?  

L’analyse faite de la situation des avortements au Congo montre que l’absence d’une loi favorable à cette pratique dans le pays amène les populations à opter pour des avortements clandestins avec tous les risques que cela comporte. Cette restriction qui n’existe plus que sur papier du fait qu’elle est bafouée çà et là mérite d’être actualisée afin de créer les conditions permettant la pratique d’un avortement encadré par la loi et réduire les avortement clandestins au Congo.

L’étude menée sur la problématique de l’avortement médicamenteux souligne que : « Dans les centres enquêtés, 50 % abritent un service de gynécologie obstétrique, seuls 43% intègrent un service de chirurgie, aucun de ces centres n’est cependant spécifiquement dédié à l’avortement médicamenteux. Toutefois,  tous le pratiquent». Le rapport précise en outre que pour les centres pratiquant l’avortement médicamenteux, l’administration des médicaments abortifs se fait généralement au domicile de la patiente et par la patiente elle-même sous prescription du médecin. Une situation défavorable en cas de complication pouvant survenir dans un centre qui n’intègre pas un service de chirurgie. L’absence à la base d’une loi d’application susceptible de standardiser les normes de faisabilité et de sécurité de l’avortement nécessite d’actualiser le cadre juridico-légal pour permettre aux inspecteurs de santé publique de mieux identifier les centres inéligibles à l’avortement au regard de l’ampleur du phénomène.

Pour le coordonnateur de l’association Avenir Nepad Congo, les mesures restrictives de l’avortement  accentuent sa pratique dans la clandestinité : « Plus nous avons une législation restrictive en la matière plus il y a la clandestinité ».Aussi, déplore-t-il la non application du Protocole de Maputo signé par le Congo le 27 février et ratifié en 2007 qui fixe les conditions dans lesquelles l’avortement devrait être autorisé : « Pourtant le Congo a eu à signer, ratifier et déposer le protocole de Maputo depuis 2007, qui jusqu’aujourd’hui n’a pas de textes d’application. L’article 14 de ce protocole demande aux Etats d’autoriser l’avortement en cas de viol, inceste, mauvaise  santé physique ou mentale de la femme, mais jusque-là nous continuons à  nous contenter toujours  du code pénal».

Photo 1 : Le coordonnateur de l’association et du chargé des programmes lors de la présentation des  rapports

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