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CONGO / PROJET « PRO MANIOC » : LE CONGO ET SES PARTENAIRES S’ACCORDENT SUR LE CADRE DE SUIVI-EVALUATION

Le gouvernement congolais, le Programme alimentaire mondial et la Délégation de l’Union Européenne ont procédé le jeudi 24 septembre 2020 à Brazzaville à la signature du cadre tripartite de suivi du projet « Pro Manioc » financé par l’Union Européenne à hauteur de 1,5 millions d’euros (environ 1 milliard de francs CFA). Ce projet de deux ans  qui cible la transformation des tubercules de manioc en différents produits comme le gari , aura comme zone d’exécution le département de la Bouenza au sud du Congo, un département connu pour être un des greniers du pays et où le Programme alimentaire mondial, partenaire technique de mise en œuvre du projet, met déjà en œuvre le projet Petits  producteurs de haricots. 

Ce projet « Pro Manioc » est inspiré par la fragilité des chaines d’approvisionnement alimentaires au Congo, étalé au grand jour par la crise du covid 19, a indiqué  Raul MATEUS PAULA, Ambassadeur de l’Union Européenne  au Congo. En effet, a-t-il précisé, « …on a pu observer une augmentation temporaire  des prix d’un panier alimentaire allant jusqu’à 15 %. Il en découle la nécessité absolue de renforcer les chaines de valeur agricoles, afin d’être mieux préparés à l’avenir. Le  « Pro Manioc » vient en appui à ces objectifs et constitue une des principales contributions de l’Union Européennes aux efforts nationaux de riposte à l’épidémie de Covid 19 ». 

Dans le cadre de ce projet, il sera procédé au renforcement des capacités de cinquante groupements  de transformateurs,  soient environs cinq cents acteurs de la transformation du manioc, avec dix transformateurs en moyenne par groupement. Cela se fera à travers des formations en production mécanisée et en planification de la commercialisation des dérivés du manioc. Il est aussi prévu le développement des échanges entre acteurs des chaines de valeurs du manioc et du haricot par l’organisation des foires agricoles. Bien plus, le projet ambitionne de promouvoir les nouveaux produits dérivés du manioc tel que le gari, en sensibilisant les consommateurs sur leur qualité avec, par exemple, des démonstrations culinaires, et en soutenant jusqu’à 12.000 élèves et personnes vulnérables dans les centres urbains à travers les cantines scolaires et des coupons alimentaires. Autre volet de « Pro Manioc », le soutien à la mécanisation  de la production des dérivés du manioc par l’implication d’artisans locaux qui fournissent aux groupements des équipements de transformation inédits au Congo tels que les râpes, les broyeurs et les semouleurs. 

Production du  gari au Congo, une  d’histoire de 70 ans 

La production du gari de manioc n’est pas en réalité une découverte pour les Congolais. Elle y est réalisée mais sans grandes ambitions, et avec des techniques rudimentaires.  L’histoire de la production dans cet aliment dans le pays remonte aux années 1950 dans le même département de la Bouenza, a rappelé Jean Martin BAUER, le Représentant du PAM au Congo. En effet, un jeune ayant séjourné au Bénin, un pays de l’Afrique de l’Ouest où la production du gari est en vogue depuis  bien longtemps, a transmis, de retour au bercail,  la technique à ses parents, et la tradition persistait dans six villages autour de la localité de Yamba jusqu’à nos jours.

Mais au-delà des repères historiques liés au gari, Jean Martin BAUER a présenté ce produit comme une véritable niche  économique pour leurs producteurs : « Transformer le manioc est rentable. A Bouansa (Ndlr : localité de la Bouenza proche de Yamba) au bord  de la Route nationale n°1, le kilo de foufou traditionnel (Ndlr : farine de manioc) se vend à 350 francs cfa, alors qu’un kilo de gari vaut 450 francs cfa, soit 40% de plus. Transformer pour produire du gari c’est gagner de l’argent. La demande de gari est en croissance exponentielle… ». 

Le document du cadre tripartite a été signé pour le gouvernement par la ministre du Plan et de la statistique Ingrid Olga Ghislaine EBOUKA BABAKAS qui a défini les  objectifs du document signé : « …nous nous sommes retrouvés pour signer un protocole de suivi ensemble parce que la partie qui finance comme la partie bénéficiaire a tout intérêt à ce que les  objectifs soient atteints. Ensemble nous avons mis en place un dispositif de suivi-évaluation étape par étape ». 

Photo : La signature du document (Crédit Groupe Congo Médias)

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