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CONGO /PAM : LES ECOLES DE MINDOULI INAUGURENT LES CANTINES SCOLAIRES « YA BUALA »

Il faut comprendre « ya buala», ce groupe de mots de la langue Kikongo parlée dans le sud de la république du Congo par  « ce qui est tiré de la localité ». Les cantines « Ya buala » connaissent leur expérimentation dans le pays à Mindouli, une communauté urbaine dans le département du Pool au sud du pays. La ville a reçu la visite le mardi 3 mars 2020 du ministre de l’enseignement primaire, du Représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) au Congo et du Coordonnateur du système des Nations Unies dans le cadre de la célébration de la cinquième journée africaine de l’alimentation scolaire. C’était l’occasion de faire une sorte d’évaluation de ce projet pilote des cantines « Ya buala » qui a la particularité d’alimenter les élèves du cycle primaire de produits locaux du terroir comme la chickwangue, le saka-saka (feuilles de manioc), des légumes et autres haricots. Globalement, l’expérience fait du chemin. 

Par Jean Eudes GANGA MICKEMBY, de retour de Mindouli 

Ces cantines « ya buala » considérées par le Programme Alimentaire Mondial en République du Congo comme une innovation ont été lancées à Mindouli depuis novembre  2019, elles ciblent cinq écoles, pour un total de  3500 élèves.  L’une des raisons qui justifient l’approche alimentaire  basée sur les produits locaux, demeure la fraicheur de ceux-ci qui  du reste sont plus  adaptés aux habitudes alimentaires des populations locales. Ces cantines « ya buala » ont été rendus possibles grâce à un financement participatif lancé en avril 2019 sur l’application « Share the meal », qui permet à quiconque de faire un don d’un repas ou de plusieurs pour un élève congolais. L’objectif de 300 000 dollars US a été atteint en septembre 2019 et a permis la mise en place de ce  programme pilote. Au regard de ce qui est considéré comme un « succès de l’opération », selon un communiqué officiel du PAM ,  une extension du projet pilote à 17 écoles se profile dans les prochaines semaines, a-t-on appris. Aussi, à travers cette initiative, le PAM  vise  une contribution au développement de l’économie locale.

A propos de la cérémonie

Deux chapiteaux sont dressés dans la cours de l’école primaire Mbemba Mahoungou , sous un soleil de plomb. Jean Bosco MAHOUNGOU, Maire de Mindouli, est le premier à s’exprimer, dans un discours plutôt rassurant en ce qui concerne la délicate question des approvisionnements : « …en dépit de nombreux  écueils  rencontrés dans la mise en œuvre du projet, surtout dans le processus d’approvisionnement en produits agricoles, nous sommes en train d’apporter les correctifs nécessaires à cette situation, avec la mise en place des comités de fournisseurs dans chaque école composés de producteurs agricoles des quartiers ».   

Comme on le voit, les cantines « ya buala » ouvrent de bonnes perspectives de développement économique  pour les producteurs qui ont là à porté de main une opportunité unique. D’ailleurs, Jean Martin BAUER, Représentant du PAM au Congo a confirmé cela, il est même allé  plus loin, voyant une chaine  dont les  maillons profitent chacun du système : « Tout le monde y gagne : les producteurs, les transformatrices, les vendeuses et bien entendu les enfants. On assiste aussi à un engouement de la part des cuisinières volontaires, qui rivalisent  de créativité pour apporter un repas sain et nutritif pour leurs enfants ». Et pour le PAM et les autres partenaires de mise en œuvre des cantines scolaires, il y a un gain :      «  L’utilisation des produits locaux permet de réaliser d’importantes économies, car le cout par enfant est de 12 cents par repas, alors qu’il est plus du double dans un système y traditionnel », a renchéri le diplomate onusien. Le système traditionnel prend en compte entre autres les lourdes opérations logistiques consistant à transporter les cargaisons de produits alimentaires (haricots, pois, huile et sel) de Brazzaville ou des différents sous bureaux du PAM  vers les écoles. Pour sa part, Anatole Collinet MAKOSSO, ministre de l’enseignement primaire et secondaire a dit être conscient que « l’alimentation scolaire contribue à assurer  que les filles  et les  garçons restent à l’école et soient capables et prêts à apprendre (…) nous pouvons déjà expérimenter la mise en place des jardins scolaires pour inculquer à nos élèves le gout de la terre et de sa culture dans un élan d’agriculture responsable et ciblée ». 

Pour rappel,  en décembre 2017  le gouvernement congolais avait crée au sein de la  Direction Générale de l’Education de Base,  la Direction de l’Alimentation Scolaire, qui a pour mission la coordination de la mise en œuvre de la politique nationale de l’alimentation scolaire en liaison avec les politiques et programmes de santé et de nutrition.

Si à Mindouli, la fréquentation des élèves connait une  hausse, s’est réjouit Roger MALONGA, directeur de l’école Mbemba Mahoungou   A, le challenge par contre , s’accordent à dire de nombreux observateurs, est celui de tenir le rythme jusqu’à la fin de l’année  du côté des  producteurs agricoles. En effet, ces  derniers ne doivent pas perdre de vue qu’en dehors des élèves, ils ont aussi l’ensemble des 21 mille bouches de la ville à nourrir. Sans doute qu’ils en sont conscients !

Photo 1 : Des élèves de l’école primaire Mbemba Mahoungou

Photo 2 : Les officiels lors de la cérémonie

Photo 3 : Une cuisinière à l’ouvrage

Crédit Groupe Congo Médias

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