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CONGO / PAM: UNE PREMIERE RECOLTE PROMETTEUSE POUR LE PROJET D’APPUI AUX PETITS PRODUCTEURS DE HARICOTS

La première campagne agricole du projet d’appui aux petits producteurs de haricots qui s’exécute dans les districts de Boko songho et de Loudima dans le département de la Bouenza a déjà livré ses résultats. Une récolte de six tonnes réalisées par les producteurs du premier district et plus de 11 tonnes pour ceux du deuxième. Si la première campagne peut être considérée comme celle du lancement, la deuxième dont le semi a lieu en ce mois de mai devrait être celle de l’ancrage du projet et de l’augmentation de la production. Reportage.
« C’est un bon projet. Hier nous travaillions chacun dans son coin et nous exploitions de petites surfaces. Le PAM nous a organisés en regroupements, nous sentons que ce projet va réduire notre pauvreté. La dernière campagne nous avons planté des hectares. C’est vrai que le climat ne nous a pas été favorable, nous avons quand même pu produire une certaine quantité. C’est une bonne chose pour nous que le PAM achète notre production parce qu’avant il arrivait que notre production ne soit pas achetée en raison entre autres du mauvais état de la voie et de l’enclavement »
Les mots de Pierre KIBENGA, habitants du district de Boko Songho dans le département de la Bouenza au sud de la République du Congo , bénéficiaire du projet d’appui aux petits producteurs de haricots financé par l’Union européenne et dont le partenaire technique de mis en œuvre est le Programme alimentaire mondiale. La Bouenza est le département pilote du projet dont la production d’haricots contribue à alimenter les cantines scolaires, entendu que cette légumineuse trouve une bonne place dans le menu proposé aux élèves congolais de l’enseignement primaire, tout au moins dans les écoles touchées par le programme cantines scolaires.
Autre bénéficiaire, Hélène NGOUNGA, que nous avons surprise dans son champs à Boko songho, très appliquée et joviale malgré le soleil de plomb : « Je suis en train de défricher mon hectare. C’est une bonne chose que le PAM ait pensé à nous. C’est vrai que pour l’instant je préfinance mon activité, mais quand le PAM nous aura payé le haricot que nous lui avons déjà fourni je vais récupérer mon argent. Je pense qu’il y aura un changement grâce à ce projet. Mais nous avons été très dérangés par les oiseaux lors du premier semi ici. Je veux que le PAM nous ajoute des outils. Regardez la machette que j’utilise, elle est abîmée ! »
Dans la Bouenza, le projet est mis en œuvre dans deux districts. Loudima et Boko songho où une équipe du Programme alimentaire mondiale s’est rendu avec à sa tête son Représentant au Congo Jean Martin BAUER pour faire une sorte d’évaluation de la première campagne de production de haricots. 6 tonnes produites dans le district de Loudima et plus de 11 dans celui de Boko Songho.
La mécanisation et les financements
Si Pierre salue les premiers résultats de ce projet en lequel il croit, il ne manque pas tout de même d’épingler quelques contraintes. Après quelques centaines de mètres à travers de tortueuses pistes presque bouchées par l’herbe, nous voici au champ de Pierre KIBENGA du village Yengue le meilleur de producteur de la dernière campagne : « Le travail à la main est très difficile et je pense que la mécanisation serait la meilleure chose à faire. Si le PAM peut pense à la mécanisation de nos activités je pense que cela dopera la productivité. Or travailler un hectare à la main c’est un mois que ça prend. On est obligé de s’attacher les services des tacherons qui ne sont pas gratuits. Et je vous dis que j’ai des dettes vis-à-vis des tacherons que j’ai utilisés ici. Je ne pourrai les payer que quand le PAM m’aura versé mes revenus de vente. Nous souhaitons que l’appui du PAM vienne à temps pour que nous puissions élaborer un planning d’activités ».
De son coté , François LOUKANOU du village kissenga , insiste sur le financement : “…il faut que le financement soit ponctuel car il va nous donner la force de faire plus, de recruter des tacherons. Or sans financement il est difficile de faire un projet ». François n’a récolté que 150 kilos lors de la première campagne soit trois sacs. La non maitrise des meilleurs techniques culturales y est aussi pour quelque chose. A propos, le chef de secteur agricole de Boko Songo, Marcel NKOUKA KOUYINGANA sait pourquoi : « En principe ce chapitre du suivi technique étaient réservé à l’IRA (NDLR : l’Institut de Recherche Agronomique), mais l’IRA n’a pas dispensé ses techniques là. Mais quand nous étions à Loudima pour l’échange d’expérience, nous avions remarqué que la densité n’était pas normale. Nous avons donc dit aux producteurs d’ici d’espacer. Mais certains écoutent et d’autres non » !
Des Contraintes à surmonter
Les contraintes auxquelles les producteurs font face ont une incidence sur la productivité, et de fait sur les stocks a livrer dans les écoles comme ici à l’école de Loudima Gare ou le Directeur, Marcel Boisson NGOMA, qui , reconnait la réduction de l’absentéisme des élèves grâce au cantine scolaires , après nous avoir fait visiter le dépôt ou sont superposés les sacs de haricots estampillés projet d’appui aux petits producteurs de haricots: « ….A mon avis la quantité est insuffisante. J’aurais aimé que ça soit plus que ça. Si ce stock finit les enfants ne mangeront plus que du riz, ce qui ne fera pas une bonne impression . Nous en avons pratiquement pour un mois et demi ». Mais il faut bien positiver, pense Bruno BINDOUMOU, Chef du sous bureau PAM de Nkayi, principal ville du département de la Bouenza qui voit , à raison , en cette première recolte un motif d’espoir : « On attendait plus mais les circonstances n’ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Les 6 tonnes de vivres que nous avons reçues des producteurs sont allées à l’école locale. Nous avons douze écoles dans le district de Loudima et toutes ces écoles on effectivement reçu le haricot produit chez eux. Cela est une bonne chose et aujourd’hui on peut se réjouir de voir que ce programme qui est mis en œuvre en connivence avec l’Union Européenne sou le label du programme sucre est en train de jouer un grand rôle en faveur et des producteurs et de nos élèves dans les écoles primaires. Vous savez que dans le cadre de cette production nous avons vingt groupements qui sont repartis dans le districts de Loudima et de Boko Songho mais il n’est pas évident pour l’instant que l’on dise avec les moyens du bord qu’il soit possible qu’on puisse alimenter les écoles régulièrement selon le besoins de stocks attendus dans les écoles ».

Autonomiser les producteurs
A terme, le projet vise à rendre autonomes les producteurs organisés en groupements de 1o personnes chacun , capables de souscrire aux prêts dans les micro finances , et de continuer à vendre au Programme alimentaire mondiale leurs haricots. C’est ce que Bertrand Sosthène MOUNSTAMBOTE Animateur et responsable du projet à Boko songho s’attèle à faire comprendre aux producteurs : « Nous assistons les groupements en les encourageons malgré la pénibilité du travail pour qu’ils fassent quelque chose parce que au finish c’est eux qui sont les véritables gagnants. …La logique du projet c’est que c’est un projet qui s’étale sur trois ans. Il reste deux ans. La vision du PAM est que cette expérience se sédentarise, c’est-à-dire qu’après le projet, que le PAM ait la possibilité de revenir à Boko songho pour acheter le haricot disponible. Voila pourquoi dans les stratégies de travail des groupements, on les incite à travailler parce qu’après le PAM il n’y aura plus d’appui. Qu’ils soient autonomes pour auto financer leurs activités ».
Le PAM achète le haricot des producteurs à 850 francs le kilo, ce qui est une bonne affaire, en plus de l’appui financier de 152 euro consenti par producteur l’année, et de la fourniture des outils de travail, des engins de mobilité pour le transport de la production et des décortiqueuses.
Nourrir aussi les élèves de Boko songho !
Le district de Boko songho compte 42 écoles primaires, qui fort curieusement ne sont pas toutes bénéficiaires du projet cantines. Cela suscité une réaction chez Jonas OSSERE OKANDZE le Sous Préfet : « Nous aimerions également que Boko songho soit également pris en compte. Nous avons des enfants qui peuvent bénéficier des cantines, être nourris par le haricot de Boko Songho ».

Il revient à tous les partenaires de mise en œuvre du projet de faire plus pour atteindre la chiffre de 1600 tonnes de haricots fixé comme objectif. L’alimentation scolaire ayant un impact très positif sur e taux de fréquentation, il est important, s’accordent à dire nombreux que le prix à payer soit payé.
Photo 1 : Récolte du haricot dans le district de Boko songho (crédit PAM Congo /Sey KOUSSAKANA)
Photo 2 : Stocks de haricots récolté a Loudima dans l’entrepôt de l’école Loudima Gare (Crédit Groupe Congo Médias)
Photo 3 : Un champ de jeunes plants de haricots (crédit PAM Congo)
écoutez le reportage audio

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