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Société

CONGO : LE PAM APPUIE LA FILIERE DE TRANSFORMATION DU MANIOC EN GARI DANS LE PAYS

Le programme alimentaire mondial Congo se positionne comme facilitateur de la coopération entre pays du sud dans le cadre d’une initiative visant à promouvoir dans le pays d’autres formes de traitement du manioc, à coté  bien sûr de la chikwangue et du foufou ( la farine blanche) , qui sont les formes plus usuelles dans l’alimentation au Congo.  Le gari fait en effet partie des déclinaisons du manioc que le PAM promeut. Du 11 au 16 novembre 2019, des experts béninois et  ivoiriens, ont mené dans le département de la Bouenza (district de Yamba) une mission de diagnostic terrain qui a permis de constater que les techniques de production du gari utilisées sont très rudimentaires. Aussi, dans ce département , avec l’appui du PAM, une formation des formateurs sur la fabrication des machines de production du gari est assurée plus de vingt artisans.

Yacouba SIDIME, Ingénieur ivoirien travaillant dans son pays à la société ivoirienne des technologies tropicales faisait partie de cette mission de diagnostic terrain. Lors d’un déjeuner de presse organisé au PAM le lundi 25 novembre 2019, en présence de Jean Martin BAUER, Représentant du PAM au Congo, ce dernier a fait le point de ce qui a été entrepris dans le cadre de cette mission. Les constats, il y en a beaucoup. Les producteurs congolais de gari utilisent du matériel trop rudimentaire pour le râpage des tubercules de manioc, et pour presser la pate obtenue après râpage. Il s’agit d’un dispositif dans lequel les sacs contenant la matière râpée sont pressés par des dizaines de pierres très lourdes, et l’amidon libéré par la pate n’est pas récupéré. Il est donc perdu.

Pour l’ingénieur ivoirien, il faut proposer des réponses. Des réponses qui sont à plusieurs niveaux. Il y a d’abord la collecte d’informations dont les résultats seront déterminants dans le choix des meilleures variétés de tubercule de manioc dans  la production de gari, puis la formation des formateurs pour la fabrication des machines de râpage , de pressage et de torréfaction, ainsi que le choix des équipements adaptés à la situation du Congo. En effet, si la formation pour la  fabrication des machines a été assurée à 25 artisans dont deux femmes, le choix, en ce qui concerne les équipements à utiliser, a été porté par les experts sur ceux  fonctionnant avec les moteurs à essence parce que de réparation plus facile, à la place de ceux fonctionnant au diesel ou aux automatiques.

La filière de la production du gari est encore très primaire au Congo . Ainsi, pense   Yacouba SIDIME, il ne faut pas bruler les étapes : « …il ne faut pas toute de suite brusquer les choses. La transformation ici est encore à un niveau zéro (…) nous avons vu après ce diagnostic qu’il fallait en temps axer nos équipements sur ce qui serait facile à fabrique pour les artisans que nous avons vus, mais aussi facile à utiliser pour les transformatrices que nous avons vues, tout en prenant en compte  leurs préoccupations, leurs attentes  et leur mode de fonctionnement, leur mode culturel, pour ne pas trop les couper de leur réalité».

Capitalisation d’un accord de coopération entre le Congo et la Cote d’Ivoire

Grace à l’usage des technologies que proposent les experts, c’est la pénibilité qui sera réduite pour les producteurs de gari  et le rendement qui va augmenter à n’en point douter. Conséquence, le  développement d’une filière  qui existe dans le pays depuis les années 1950, mais qui demeure à un niveau  « embryonnaire ». Jean Martin BAUER, a indiqué que cette dynamique résulte de la capitalisation par le  PAM Congo d’un  accord de coopération qui lie le Congo à travers le ministère de l’agriculture à la Cote d’Ivoire : « …Il y a un accord de coopération qui existe entre le Congo et la Cote d’Ivoire qu’on a essayé de valoriser en mettant en lien le ministère de l’agriculture du Congo et celui de la Cote d’Ivoire  et c’est comme ça que la mission dont on va parler aujourd’hui s’est mis en place. On a vu aussi que du Bénin, de la Cote d’Ivoire on pouvait faire venir  des compétences, des experts qui sont prêts  à travailler avec des groupements de production de gari mais aussi avec des fabricants d’équipements pour qu’ici au Congo on passe à cette prochaine étape de la transformation ».  

Plusieurs contraintes…

La  mission de la Bouenza, n’a pas été sans  difficultés pour les experts. En effet, dans la ville de Nkayi, par exemple, la plus grande de ce département, les experts ont été confrontés aux difficultés techniques liées à l’inexistence d’atelier pour l’usinage des pièces, l’absence d’équipement pour le cintrage des tôles utilisés dans les presses, la difficulté d’approvisionnement  au Congo de certains ingrédients qui entrent dans la fabrication  des équipements , le cas de la peinture alimentaire. Mais ce n’est pas tout, des barrières culturelles aussi. En effet, a indiqué Yacouba SIDIME, un habitant a affirmé que le gari produit avec la machine n’a pas un bon gout. Relatif  tout cela bien sûr. Mais  la grande question à se poser est celle de savoir quelle quantité pourrait-on produire en faisant usage des technologies rudimentaires. S’agissant des couts des machines, Yacouba SIDIME n’a pas indiqué des prix standards. Les prix sont  fonction  du calibre et des pièces utilisées dans la fabrication. Les machines sont souvent personnalisées tenant compte de la taille du groupement ou du producteur.

Photo 1 : Le gari de manioc ( Droits réservés)

Photo 2 : Yacouba SIDIME (au centre) , encadré par le Représentant du PAM et madame Solange ONGOLI GOMA du PAM pendant le déjeuner de presse (Crédit Groupe Congo Médias)

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