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Société

CONGO : DES MINEURS TRAVAILLENT COMME CONTROLEURS DE BUS PRIVES A BRAZZAVILLE

A Brazzaville, un nombre important de jeunes garçons dont l’âge est compris entre        11 et 16 ans abandonnent  leurs études pour des raisons diverses, et se retrouvent dans la rue. Certains d’entre eux s’engagent dans le travail de rabatteurs ou de  contrôleurs de bus pour faire face à leurs besoins financiers. Ces travailleurs mineurs, une pratique réprimée par la loi, sont visibles dans les parkings de la ville, surtout dans  différents arrêts de bus des lignes desservant les zones périphériques. Leurs recruteurs sont en général  des chauffeurs adultes qui les préféreraient parce que  manipulables à volonté.

Les enfants deviennent contrôleurs devant la pression quotidienne de trouver de la nourriture et des stupéfiants pour certains. Ils arrivent dans ce créneau qui ne demande aucune formation seuls ou parfois coptés par des  amis.  Pour les rabatteurs couramment appelé chargeurs, il suffit d’avoir la force de crier du matin au soir pour informer les clients du trajet des bus, et se faire payer entre 100 et 200 francs CFA, selon le nombre de clients obtenues.

Pour les contrôleurs, le travail consiste à crier comme le rabatteur dans les parkings s’il le veut, mais surtout à encaisser l’argent des clients dans le bus et à rendre la monnaie. Le contrôleur est appelé à être  performant car,  le soir il doit totaliser la somme nécessaire à verser au propriétaire du bus. Pour les minibus, ce  versement oscille entre 25 et 30.000 franc CFA soit entre 38  et 45 euros.

Dans  un bus où nous nous  sommes retrouvés, nous avons interrogé le chauffeur qui emploie un enfant contrôleur  sur les raisons de ce choix. Il nous a confié : «…cet enfant était un mendiant, il crevait de faim et était  sans abri…pour l’aider, je l’ai engagé en tant que contrôleur  dans mon  bus  pour lui permettre de  gagner du pain ».Ces chauffeurs employant les enfants comme contrôleurs, sont soupçonnés d’infliger de mauvais traitements à ces derniers. Notre chauffeur balaie d’un revers de main  ces accusations : « c’est à tort qu’on nous accuse de  maltraitance de ces enfants dont les parents sont irresponsables. Pour moi, c’est un moyen de lui  venir en aide».

L’enfant est protégé en république du Congo

La république du Congo dispose d’un arsenal juridique qui garantit la protection de l’enfant. La Constitution d’abord qui dispose en son article 40 que « l’Etat a l’obligation de protéger les enfants et adolescents contre l’exploitation économique ou sociale. Le travail  des enfants de moins de 16 ans est interdit». A cela s’ajoute d’autres textes réprimant le travail des enfants, le cas de la Loi Potignon.

Aujourd’hui, l’on constate que le phénomène des enfants contrôleurs  et des enfants rabatteurs a tendance à prendre de l’ampleur. Le laxisme de certains  agents de la police routière est  pointé  du doigt par de nombreux observateurs, d’autant plus que les bus dans lesquels travaillent ces mineurs circulent dans une ville où la présence de cette unité de la police est remarquable.

Responsabilités et propositions

Les adolescents sont censés être protégés  par les autorités administratives  et policières. Aussi, pour de nombreux observateurs, les  centres d’accueil des enfants en difficultés sociales peuvent être mis à contribution pour l’encadrement des enfants de la  rue, en leur assurant des appuis divers via le ministère des affaires sociales, ceci dans le cadre des partenariats à établir. De leur côté, les  chauffeurs de bus prolétaires méritent d’être sévèrement punis conformément à la loi. Quant aux propriétaires de bus, ils devraient veiller à ce que dans bus ne travaillent pas des enfants contrôleurs. Ceci passe par  de sévères mises en garde à leurs chauffeurs. Les parents eux, sont appelés à prendre leurs responsabilités pour nourrir et  scolariser leurs enfants car ces derniers  sont des êtres très précieux. On les appelle souvent l’espoir de demain.

Photo : Un parking de bus proche d’un marché à Brazzaville (Crédit Groupe Congo Médias)

 

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