CONGO : L’OBSERVATOIRE DES DROITS DE L’HOMME PUBLIE UN RAPPORT INQUIETANT

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L’Observatoire Congolais des Droits d’Homme (OCDH) a rendu public son rapport annuel 2019 le jeudi 07 mai à Brazzaville. Ce  rapport de plus de cent pages donne un aperçu de la situation des droits humains en République du Congo et s’appuie sur des observations  faites par cette organisation non gouvernementale de promotion, de protection et de défense des droits de l’homme, de démocratie et de l’Etat de droit  entre 2017 et 2018.

C’est au cours d’une conférence de presse animée par Trésor NZILA, Directeur Exécutif de l’OCDH qu’a été présenté ce rapport intitulé « Droits de l’homme au Congo Brazzaville : la terreur et la répression permanentes conjuguées avec la manipulation de l’opinion publique internationale par les gouvernants »  qui peint la situation préoccupante des droits humains au Congo dans plusieurs secteurs.  

Ce document qui traite des droits civils et politiques ainsi que des droits économiques et sociaux,  fait état des violations des droits humains. Une situation qualifiée de sombre et accentuée d’après l’observatoire, par la quasi inexistence des « …avancées judiciaires concernant les graves et insoutenables atteintes aux droits humains ». Pour justifier cette affirmation l’OCDH s’appuie sur le récent cas de violation des droits humains enregistré à Brazzaville au commissariat de Chacona : « Le massacre des 13 jeunes hommes au commissariat de police de  Chacona à Brazzaville confirme bien cette triste réalité. Les parents des victimes ont été privés du droit à la réparation et le procès n’était ni juste ni équitable ».

Par ailleurs, l’observatoire salue quatre décisions judiciaires (non énumérées) rendues dans la période que couvre ce rapport. Malgré leur nombre extrêmement faible, «  …ces décisions signifient qu’avec peu de volonté, la possibilité et le courage d’esquiver l’influence politique, la justice congolaise peut constituer un véritable rempart pour les victimes des droits humains ».

Au sujet des conditions de détention dans les prisons, l’Observatoire Congolais des Droits d’Homme souligne de nombreuses insuffisances et les qualifie « d’effroyables ». La surpopulation, la malnutrition, l’insalubrité, la maltraitance physique et psychologique, la détention abusive, etc. caractérisent la situation des prisonniers dans certains lieux de détention, note le rapport. En dépit de certaines mesures prises par le ministère de la justice et des droits humains pour désengorger certaines prisons, à l’instar de celle de Ouesso dans la Sangha, les  problèmes demeurent entiers. « Les prisons au Congo sont des foyers de violation permanente des droits humains », a indiqué Trésor NZILA. Aussi, a-t-il précisé, « Entre 2017 et 2018 notre organisation a enregistré une trentaine des cas de décès. Rien qu’en 2018, la maison d’arrêt de  Ouesso a enregistré 09 décès officiellement pour raison de malnutrition ».

Face à ces nombreuses violations des droits humains répertoriées dans ce rapport l’OCDH indique que la notion de la protection des droits humains devrait être perçue comme un service à fournir aux citoyens : «  La protection et la promotion des droits humains et des libertés fondamentales  par les institutions publiques ne sont pas encore considérées ou comprises par les agents publics de l’Etat congolais comme un service à fournir aux populations congolaises et à chacun des êtres humains sur le territoire congolais ».

Par ailleurs, l’Observatoire Congolais des Droits d’Homme  qui n’a pu rendre visite au prisonnier Jean Marie Michel MOKOKO malgré les démarches entreprises fait état d’un durcissement des conditions de détention et a  émis des inquiétudes  quant aux conséquences que cela pourrait avoir et a demandé aux autorités de lui faciliter les visites. « …s’il y a une demande à faire c’est de dire aux autorités  de nous ouvrir les portes des prisons et de nous accorder la possibilité de visiter Jean Marie Michel MOKOKO ».

Quelques recommandations

Dans le souci de voir bouger les choses en ce qui concerne le respect des droits  de l’Homme au Congo et pour éviter que le pays qui s’achemine vers l’élection présidentielle de 2021 connaisse d’autres violations de droits humains, l’observatoire congolais des droits de l’homme a formulé des recommandations adressées au gouvernement congolais, à l’Organisation des Nations Unies, à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples et à l’Union Européenne, ses Etats membres et à l’Administration américaine.

Pour le gouvernement congolais, il s’agit entre autres de : élaborer une politique nationale des droits de l’Homme ; mettre en place sans tarder une commission d’enquête indépendante encouragée par les Nations Unies afin d’enquêter sur la situation des droits de l’Homme des quatre dernières années ;… A l’Organisation des Nations Unies, de mettre en place un mécanisme de surveillance de la situation des droits humains au Congo Brazzaville. A l’Union Européenne, ses Etats membres et à l’Administration américaine, de inscrire le Congo Brazzaville dans  les priorités de leurs politiques africaines sur les questions de droits de l’Homme et des libertés fondamentales,…

L’OCDH qui a promis remettre ce rapport au gouvernement congolais invite  ce dernier à le considérer « …non pas comme une invective mais plutôt comme notre contribution pour améliorer la situation de droits de l’homme dans notre pays », a conclu le Directeur Exécutif.

Photo1 : Présidium de la Conférence (Crédit Groupe Congo Médias)

Photo2 : Vue de l’auditoire (Crédit Groupe Congo Médias)

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