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CONGO : L’ASSOCIATION AVENIR NEPAD CONGO LANCE UNE CAMPAGNE DE VULGARISATION DU PROTOCOLE DE MAPUTO

Le Coordonnateur de l’association Avenir Nepad Congo basé à Brazzaville qui a fait de défense des droits de la femme et de la lutte contre les violences basées sur le genre son cheval de bataille, s’exprime dans cette interview sur une campagne de vulgarisation du Protocole de Maputo. Le Docteur  Etanislas NGODI met en lumière l’importance de faire en sorte que  la législation de la république du Congo soit en phase avec cet instrument juridique dédié à la protection des droits des femmes sur le continent africain.

Groupe Congo Médias : Depuis le 11 juillet, vous avez lancé une campagne de vulgarisation du Protocole de Maputo. Pourriez-vous nous faire une brève présentation de ce Protocole ? 

Dr. Etanislas NGODI : Le 11 juillet 2003, lors du second sommet de l’Union africaine (UA) à Maputo  au Mozambique, cinquante trois  États membres de cette organisation ont adopté, en complément de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples adoptée en 1981, un Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique, appelé également « Protocole de Maputo ». Ce protocole de 30 pages est un instrument régional pour la protection des droits fondamentaux des  femmes africaines de toutes les formes de discrimination. Ce protocole est rentré en vigueur le 25 novembre 2005.

GCM : Que vise cette campagne et quelles sont les actions prévues ?

Dr. Etanislas NGODI : A travers cette campagne de vulgarisation, l’Association Avenir Nepad Congo entend mettre en orbite les questions fondamentales des droits des femmes, surtout en cette période de crise mondiale  marquée par le Coronavirus. A cause de cette crise, on constate que les droits des femmes reculent dans les faits comme dans les préoccupations politiques et sociales. A cet égard, le constat qui transparaît est qu’on assiste à une recrudescence des violences sexospécifiques particulièrement contre les femmes et filles. Cette campagne arrive à point nommé car elle permet à la population de s’approprier ce texte, pour mieux défendre leurs droits ; elle permet également de rappeler à l’Etat congolais d’honorer ses engagements en renforçant l’arsenal juridique qui protège les droits des femmes dans notre pays, selon l’esprit du texte que le pays a signé et ratifié (Maputo).

GCM : Au juste, dites-nous ! Quelles sont les dispositions-clés contenues dans le Protocole de Maputo ? 

Dr. Etanislas NGODI : Les 31 articles du Protocole formulent une série de dispositions pour la protection des droits spécifiques des femmes et des filles en Afrique, en tenant compte de l’environnement socioculturel. Il s’agit notamment de la Garantie et la reconnaissance des droits civils,  politiques, économiques et culturels des femmes ; le  Droit à la santé et en matière de reproduction, droit à la sécurité alimentaire ; la  Protection des femmes contre toutes formes  d’exploitation et de traitements dégradants ; la Prise en compte de l’égalité entre hommes et  femmes dans le droit matrimonial, notamment en considération de la polygamie, des mariages forcés et précoces, et protection des droits des veuves.

GCM : Pensez-vous que le Congo est-il en phase avec le Protocole de Maputo ?

Dr. Etanislas NGODI : Sur le plan juridique, il faut savoir que le Congo a signé ce Protocole 27 février 2004. La ratification est intervenue en 2007 à travers deux actes : le 15 juin 2007 la loi N°8-2007 du 15 juin autorisant la ratification du Protocole a été adoptée. Viendra ensuite la signature du Décret n°2007-310 portant ratification du Protocole. Toutefois, sur le terrain, beaucoup de choses restent à faire.

En effet, malgré les efforts juridiques fournis,  certaines dispositions discriminatoires existent toujours dans les différents codes et lois nationaux. Il est donc impérieux que cela soit corrigé. Par exemple, l’article 14 du Protocole de Maputo appelle les Etats à « protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus. ». Or, le Code pénal congolais, en son article 317, interdit le recours ou la pratique de l’avortement. Ce que nous souhaitons, c’est que la législation nationale s’arrime avec la législation régionale selon le principe de la hiérarchie des normes.

Groupe Congo Médias : Pourriez-vous nous faire une brève présentation de votre organisation ? 

Dr. Etanislas NGODI : L’Association Avenir NEPAD Congo est une association sans but lucratif œuvrant dans le domaine de l’appui au développement communautaire. Elle a été créée le 30 janvier 2004 à Brazzaville. Ces dix dernières années, l’organisation a développé un programme à la faveur duquel, plusieurs projets ont été exécutés sur la lutte contre les violences basées sur le genre.

Photo : Le Dr. Etanislas NGODI (Crédit Avenir NEPAD)

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