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Société

CONGO : LES FEMMES DU SENAT ET DES ONG FUSTIGENT LES VIOLENCES FAITES AUX VEUVES

Les « sévices » subis par les femmes au décès de leur conjoint, les difficultés éprouvées par ces dernières dans la succession, la pratique du lévirat encore d’actualité  dans plusieurs sociétés, autant des thématiques passées en débat par les femmes travaillant au Sénat, ainsi que d’autres invités dont des veuves et des ONG. C’était le samedi 14 mars 2020 à Brazzaville, au cours d’un focus organisé dans le cadre des activités du mois de la femme par Odette MASSOUSSA, présidente de la commission santé, affaires sociales, famille et genre du Sénat. Cette rencontre a été pour les nombreuses femmes présentes l’occasion de sentir le parfum d’un brin d’espoir, le projet de loi portant code des personnes et de la famille  qui plaide entre autres pour que le mariage coutumier ( la dot) ouvre la voie pour les veuves à la succession, contre exclusivement le mariage à l’état civil aujourd’hui.

La Sénatrice Odette MASOUSSA a fait montre d’un engagement et  d’une opiniâtreté des plus irréductibles sur ce dossier des veuves en république du Congo, même si elle a indiqué ne pas être contre la tradition, une tradition qui dans certains groupes sociaux   continue à imposer ce qu’elle qualifie de « rituels rétrogrades » aux veuves. « Violences faites aux femmes : cas des veuves », c’est le thème autours duquel ce focus a été organisé pour les femmes et les ONG de défense des droits des femmes, dont l’appétit au débat a été réveillé par un émouvant film projeté dans la salle des conférences internationales du Palais des Congrès.

Odette MASSOUSSA  a appelé les femmes  à mener un combat,  «  …celui de faire que nous femmes nous ne maltraitions pas les autres femmes lorsqu’elles sont devenues veuves. Que les coutumes rétrogrades et barbares disparaissent (…) les traitements qui tendent vers une pénibilité  des veuves sont une grande forme de violence ». Des pratiques condamnées aussi par  Emilienne GAMBOUKA EMBOULA, Directrice générale de la promotion de la femme : « Dans le domaine du mariage, on constate malheureusement  la persistance  de pratiques coutumières discriminatoires. Le lévirat encore pratiqué n’est pas réprimé. De même, les rites auxquels la veuve est soumise pendant le deuil, infligés particulièrement par les femmes appartenant à la belle famille sont tolérés ».

Le Code des personnes et de la famille 

Par ailleurs, la parlementaire a salué l’initiative du  projet  de loi portant  « Code des personnes  et de la famille » élaboré par le gouvernement  et le PAREDA (Projet d’action de renforcement  de l’Etat de droit et d’association : « C’est une très bonne chose parce que nous avons finalement constaté que bon nombre d’hommes ne veulent pas se marier officiellement avec leur femme (…)  le mariage demande aujourd’hui beaucoup d’argent et il y a des hommes qui n’ont pas les moyens de leur politique (…) je crois que  les personnes qui ont réfléchi sur ce code que nous attendons  impatiemment au Parlement devrait faire que toutes ces femmes qui vivent maritalement entre guillemets puissent bénéficier également de la succession si elles viennent à perdre leur époux avec lesquels elles ont vécu … »

Dans ce même élan, la Sénatrice a condamné la pratique de Premier et deuxième vin très légion dans le pays,  une étape qui précède la dot à proprement  parler : « …ce que moi je condamne c’est cette affaire de premier,  deuxième vin, présentation ! Qu’on fasse  le mariage coutumier en bonne et due forme ».

En république du Congo, plusieurs ONG et associations travaillent dans le domaine de la protection des droits des veuves. Parmi elles, l’ONG Œuvre notre dame de veufs  et Orphelins  du Congo qui fait un plaidoyer pour le vote du « Code des personnes et de la famille ». Son  Coordonnateur, François Xavier MAYOUYA MIFOUNDOU a lancé un appel : « estimant que notre association n’a pas le poids suffisant nous espérons vous mettre à contribution pour qu’ensemble nous  puissions formuler une recommandation devant conduire à l’adoption et la promulgation  de la loi portant Code des personnes et de la famille ».

Audio: Interview de la Vénerable Odette MASSOUSSA

Photo : La Sénatrice Odette MASSOUSSA  (Deuxième à partir de la droite) lors du focus  (Crédit Groupe Congo Médias).

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