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CONGO-BZV : REPRISE DES COURS AVEC DES ENSEIGNANTS NON TESTES AU COVID 19 DANS CERTAINES ECOLES

La république du Congo a pris l’option de ne relancer les cours que pour les élèves candidats aux examens d’Etat à savoir le Certificat d’études primaires élémentaires, les brevets d’études et les baccalauréats dans différentes séries, générales et techniques. Le gouvernement a préconisé que les enseignants se fassent préalablement dépister au covid 19 . Seulement, force est de constater que dans certaines écoles, les enseignants   se  sont présentés devant les élèves sans avoir subi le test. Notre rédaction s’est rendue le 3 juin 2020 dans deux écoles de Nganga Lingolo, une localité située à la sortie sud de Brazzaville. Une publique, le Collège d’enseignement général (CEG) et une autre privée. Dans la première, la direction dit avoir reçu  la veille un médecin du district sanitaire de Madibou (le huitième arrondissement  de Brazzaville) qui a promis revenir pour tester les enseignants. Dans l’école privée Jahaid, toute proche du CEG, la directrice déplore le fait de ne pas avoir «  reçu l’information dans les délais ».

Les mesures barrières respectées

En ce deuxième jour de classe, dans la vaste cours du CEG de Nganga Lingolo gracieusement ombrée par de géants arbres, plusieurs élèves  ayant déjà terminé leurs cours du jour , bien protégés par des  masques, savourent ces instants de retrouvailles après deux mois de séparation en raison du covid 19. Il est bientôt douze heures. Nous avons la chance de trouver encore une classe ou l’enseignant dispense les dernières minutes de son cours. Rodrigue Guy Melan LOUBELO, Directeur des Etudes de la vague  A nous y conduit pour constater que la distanciation sociale est bien respectée. Un élève par table –banc, c’est la règle. Les tables bancs sont numérotés  et chaque numéro est attribué à un élève. Les 429 candidats de cet établissement ont été repartis dans onze classes  de 39 élèves chacune. Un flacon d’environ un litre de gel hydro alcoolique est disposé par classe.  Dans  la cours, quelques seaux d’eau disposés pour le lavage des mains, en attendant – nous a confié le Directeur – le remplissage par les sapeurs pompiers d’une énorme citerne en eau javellisée,  déjà déposée dans un coin de la cours de l’école.

A l’école privé Jahaid,  même constat en ce qui concerne le respect des mesures barrières. Les cours ont effectivement repris le 2 juin, nous a confié Christelle MINKALA, Directrice de cet établissement. Ici, les salles de classe ont préalablement été « désinfectées par les agents du  service d’hygiène qui sont passés la semaine dernière ». Nonobstant les réticences de quelques parents qui n’on pas envoyé leurs enfants,  les élèves en grande partie étaient présents, ainsi que  les enseignants . « Nous avons respecté les mesures barrières  notamment dans les salles de classe  où la distanciation est respectée, les élèves sont assis un par table-banc  de façon décalée, de manière à respecter la distance d’un mètre dans le deux classes à savoir le CM2 et la Troisième », a assuré Christelle MINKALA. Le port de la bavette  est obligatoire, dans la cours de l’école des seaux contenant de l’eau  traitée avec un détergent et du javel.

Audio : La Directrice de l’école Jahaid 

Le hic, des enseignants non testés au covid 19, du moins les deux premiers jours

Il y a une certitude, du moins les deux premiers jours de la reprise, les enseignants n’ont pas été testés. Le Directeur des Etudes de la vague  A du CEG de Nganga Lingolo, abordé sur

cette question nous a confié : « Pour les enseignants de Nganga Lingolo, même pour les élèves ce n’est pas encore fait. Mais ce matin, après le départ du chef (NDLR : Le Directeur de l’établissement) , j’ai reçu une délégation conduite par le  médecin chef du district sanitaire de Madibou (…) nous n’étions pas pris en compte. Quand il est arrivé, il a compris qu’il y a aussi un collège dans son district sanitaire. Il nous a donc rassuré que demain (NDLR : le 4  juin 2020) il reviendra ici avec des thermo flash,  et pour examiner les agents de l’administration, les enseignants et les élèves ».

Audio : Rodrigue Guy Melan LOUBELO, 

Pourtant, fort curieusement, à l’école privée Jahaid suitée à  à  peine 150 mètres du CEG de Nganga Lingolo,  la délégation du district sanitaire n’est pas arrivée, alors que cela est le souhait exprimé par sa directrice : « On s’attendait par contre à la descente de ces agents dans les établissements scolaires   puisqu’ils connaissaient la date de la réouverture des classes. On aurait du déléguer les agents dans chaque établissement pour qu’ils fassent les prélèvements mais hélas cela n’a été fait ! On se dit que peut être que le gouvernement va prévoir une séance pour ces derniers se présentent cette fois ci ». A l’école Jahaid, les enseignants n’ont pas été testés : « Je dirai non parce que nous n’avons  pas reçu l’information dans les délais. Les enseignants n’étaient pas informés si bien qu’ils n’ont pas pu avoir le temps de le faire », a renchéri Christelle MINKALA.

Toutefois, le directrice n’a pas exclu que les enseignants de rendent au centre de dépistage indiqué par les autorités (dans le centre de la capitale Brazzaville) pour se faire examiner : « Nous allons nous renseigner. S’ils sont encore présents, nous allons envoyer les enseignants après les cours ou le samedi pour se rattraper puisque le samedi il n’y a pas cour ».

Deux poids deux mesures ?

Pour certains, le fait  que les agents de santé soient arrivés au CEG et aient ignoré l’école Jahaid s’apparente à du  « deux poids deux mesures ». Une question alors, toute naturelle d’ailleurs,  l’initiative de descente sur le terrain des agents ne concerne que les écoles publiques ? En tout cas, une meilleure communication devrait être envisagée par les autorités sanitaires  et de l’enseignement du pays au plus haut niveau.

Des difficultés, que ce soit au public qu’au privé

Que ce soit au CEG ou à l’école Jahaid, il se pose des problèmes de fonctionnement, surtout liés à la prise en charge des enseignants. La directrice de l’école Jahaid s’est adressé au gouvernement pour une solution  sans laquelle, visiblement, l’horizon ne serait pas reluisant : « Nous  lançons un appel au gouvernement qui a promis indemniser les écoles privées. Nous attendons cet argent pour essayer de couvrir les dépenses liées à la prise en charge des enseignants qui sont restés deux mois sans revenu, et qui nous mettent la pression tous les jours. Malheureusement nous  ne savons pas comment régler ce problème car nous n’avons pas de moyens pour cela ».

Pour sa part Rodrigue Guy Melan LOUBELO, Directeur des Etudes de la vague  A du CEG de Nganga Lingolo a évoqué la question des prestataires dont il sait qu’ils pourraient à un moment ou à un autre  faire des revendications : « …nous avons vingt et un professeurs, parmi lesquels des prestataires. La difficulté ce sont ces prestataires parce qu’après un mois ils peuvent demander le déplacement  (NDLR : La prime de déplacement)

Photo 1 : Les élèves dans une classe au CEG de Nganga Lingolo

Photo 2 : Façade d’un bâtiment de l’école Jahaid

Photo 3 : La Directrice de l’école Jahaid

Photo 4 : Le Directeur des Etudes de la vague  A

Crédit photos : Groupe Congo Médias

Dossier réalisé par Jean Eudes GANGA MICKEMBY le 03 juin 2020

 

 

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