CONGO-BZV / COVID 19 : PROFESSEUR ALEXIS ELIRA DOKEKIAS « NOUS AVONS ACTUELLEMENT PLUS DE CENT TRENTE GUERISONS (...) CELA EST L’EXPRESSION DE L’EFFICACITE DU PROTOCOLE THERAPEUTIQUE QUE NOUS UTILISONS » - Groupe Congo Medias | Actualité du Congo Brazzaville | Sites d’informations du Congo Brazzaville
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CONGO-BZV / COVID 19 : PROFESSEUR ALEXIS ELIRA DOKEKIAS « NOUS AVONS ACTUELLEMENT PLUS DE CENT TRENTE GUERISONS (…) CELA EST L’EXPRESSION DE L’EFFICACITE DU PROTOCOLE THERAPEUTIQUE QUE NOUS UTILISONS »

La république du Congo connait ces derniers jours une augmentation très remarquable du nombre de guéris au coronavirus, 132 au 19 mai, redonnant ainsi de l’espoir à tout un peuple. Nous avons interrogé le Professeur Alexis ELIRA DOKEKIAS, Président de la commission prise en charge à la coordination nationale de riposte au coronavirus sur l’origine de ces résultats encourageants. Ce Professeur d’hématologie, Directeur général du Centre national de référence de la drépanocytose basé au CHU de Brazzaville, fixe l’opinion sur le protocole thérapeutique utilisé faite de trithérapie, balayant du reste toute rumeur sur l’administration du Covid Organic aux malades. Le produit malgache, dit-il, est encore à l’étape des études dont il donne des détails, à la fois sur les volets préventif et curatif.

Groupecongomedias.com : Le nombre de guéris au coronavirus en république du Congo connait une croissance exponentielle ces derniers jours. 53 guéris au 10 mai, 87 au 14 mai et maintenant 132 au 19 mai. Pouvez-vous nous dire ce qui est à l’origine de ce que nombreux n’hésitent pas à qualifier de prouesses ?

Alexis ELIRA DOKEKIAS : Ce ne sont pas des prouesses. Il s’agit d’une maladie comme vous le savez qui a été dépistée pour la première fois en décembre 2020, donc nous sommes à pratiquement cinq mois. C’est un virus qui est nouveau. Lorsque nous avons eu les premiers cas au Congo enregistrés à la période du 13 au 14 mars, le Congo comme d’autres pays d’Afrique n’étaient certes pas assez préparés pour riposter contre cette pandémie mondiale. Mais progressivement, les choses se sont mises en route, le Congo a eu un plan national de riposte qui est compartimenté avec des structures qui s’occupent de la surveillance épidémiologique, de la prévention, de la surveillance sentinelle, de la prise en charge et du suivi. Alors, depuis que les choses ont été mises en place et restructurées, nous avons pris la tête de la commission Prise en charge en avril. Quand on à pris cette commission, on avait déjà des patients qui étaient dans nos sites. Au sein de nos sites, les patients étaient confinés au CHU , au site de Leyono ( Ndlr : Hôpital municipal situé dans le 5èmearrondissement de Brazzaville), et puis progressivement su site de la Concorde ( Ndlr : Complexe sportif doté d’un établissement hôtelier situé à Kintélé à la sortie nord de Brazzaville), et à Pointe noire ( Ndlr : la deuxième ville du pays et deuxième foyer de la maladie au Congo), à l’hôpital Adolphe CISSE, puis dans des sites hôteliers. Au sujet des protocoles thérapeutiques, vous savez qu’il n’y a pas de consensus au niveau national ni international sur la prise en charge des patients en termes de traitement. Donc, il y a des essais qui sont faits partout. Alors, notre essai était basé sur la prise de la chloroquine et de l’azythromycine. Lorsque nous sommes arrivés, en tenant compte des données de la littérature, on a du revoir ces protocoles de traitement, pour instaurer chez les malades ce que l’on appelle la trithérapie, parce qu’on s’est aperçu que les gens qui avaient la bithérapie, lorsqu’ils étaient contrôlés, quinze, vingt, vingt et deux jours après le traitement initié, ils restaient positifs. Ce qui n’est pas normal ! La trithérapie que nous avons instaurée comprend donc la chloroquine et dérivés, l’azithromycine à doses suffisantes pendant dix jours, et un traitement antiviral, parce qu’en fait le coronavirus a les caractéristiques d’un virus. Par conséquent, pour bloquer la synthèse de l’ARN viral, il fait donner un traitement qui bloque la réplication virale. C’est pour cette raison qu’en prenant les essais qui ont été faits ailleurs, nous avons utilisé un antiviral dans le traitement pour une durée de quinze jours. Alors, lorsqu’on m’interviewait pour me demander pourquoi le Congo n’a que cinq cas ou huit cas guéris, je leur demandais de prendre le temps de patienter. Et maintenant, à plus de quarante-cinq jours de mise en œuvre de nos schémas thérapeutiques, nous avons progressivement des patients qui augmentent en termes de possibilité de guérison. « Nous avons actuellement plus de cent trente guérisons (Ndlr : Cette interview a été réalisée le 20 mai 2020),alors qu’autours du 15 ou du 20 avril on avait encore à près de dix ou de quinze cas guéris. Cela est l’expression de l’efficacité du protocole qu’on peut appeler essai thérapeutique que nous utilisons et de la discipline au traitement de certains patients ».

G.C.M : Est-ce que le Covid Organic dont des doses ont été récemment reçues de Madagascar sont déjà administrées à ce jour aux malades Congolais ?

A.E.D : Nous avons un schéma thérapeutique qui pour l’instant n’utilise pas le Covid Organic, mais il utilise la trithérapie avec des résultats qui semblent intéressants. Quant au Covid Organic, c’est une recette traditionnelle africaine pour laquelle les collègues au niveau de l’Institut malgache de recherche en sciences de la santé ont démontré qu’il aurait une efficacité à la fois préventive et curative contre le covid 19. Donc, le Président de la république du Congo a reçu un don de la part de son homologue malgache. Lorsque nous avons reçu le produit au Congo, il fallait que nous le soumettions aux procédures expérimentales. Ces procédures exigent au départ que l’on fasse d’abord des analyses chimiques du produit. Les analyses sont achevées, elles montrent que le produit est bien composé des substances qui ont été énoncées par nos collègues malgaches.

Par la suite, il fallait faire les analyses toxicologiques, elles ont pris un peu de temps. Elles sont en train de sortir maintenant et les résultats sont intéressants. Apres ce préalable, scientifiquement, il nous faut soumettre le projet d’études au comité d’éthique en sciences de la santé. Ce comité va voir si le projet que nous rédigeons est un projet valable, qu’il n’est pas discriminatoire, qu’il n’est pas entorsé. Par ailleurs, il fallait aussi demander l’avis du comité d’experts que la présidence de la république a mis en place dans le cadre de cette épidémie pour savoir s’il est possible d’utiliser cette potion malgache au Congo. Dès lors que ces procédures sont en cours de finition, nous sommes en droit de commencer l’essai au Congo pour vérifier si ce que nos collègues malgaches rapportent est réel ou non ! Ce n’est pas une censure que faisons, mais nous vérifions plutôt l’efficacité tout en faisant bénéficier de cette recette traditionnelle à nos compatriotes. Sur le volet préventif, nous venons de démarrer l’étude. Il s’agit ici de regarder du côté des Congolais qui sont exposés aux risques d’infection : les professionnels de santé, les journalistes qui sont en première ligne, les chauffeurs, les conducteurs, les agents de la force publique et de certaines administrations, ou encore nos compatriotes exerçant dans différents marchés. La personne doit faire l’examen du PCR avant pour prouver qu’elle est négative au covid 19. Elle ne doit pas avoir une maladie importante pouvant compromettre le produit ou qui pourrait faire que la maladie la compromette, le cas du diabète qui ne serait pas équilibré, l’hypertension artérielle, la surcharge pondéral, le fait d’être en grossesse au troisième trimestre.

Il y a des conditions que nous devons donc sortir de ce protocole. Si les gens n’ont pas ces conditions, ils signent une fiche de consentement, et à partir de ce moment nous leur remettons le produit. On a ajouté à cela un petit bilan initial qui comprend la glycémie, la goutte épaisse parce que d ce produit Covid Organic a des vertus anti palustres par l’arthémisia. Par conséquent nous pourront remettre le produit au patient qui le prendra pendant sept jours et nous allons faire des contrôles de PCR dans les trente jours qui suivent le jour 1 auquel il a commencé l’expérimentation pour savoir si dans ces jours là il ne s’est pas infecté. Si la PCR est négative, cela prouverait qu’il était vraiment exposé et qu’il a contourné le risque de prévention. S’agissant du volet curatif, il faut des précautions encore plus drastiques, parce que le volet curatif c’est pour les patients qui sont infectés covid positifs. Les patients sont internés dans nos sites de prise en charge. Ils doivent faire les mêmes examens mais avec des examens plus étoffés. On doit doser du cholestérol, doser les transaminases, doser les fonctions rénales pour voir si le foie, le rein et le sang fonctionnent bien. On doit leur faire l’électrocardiogramme pour voir si leur cœur fonctionne bien, et qu’il n’y ait pas d’interactions qui surviennent durant le traitement. Et à partir de là le schéma que nous avons pris est un schéma qui prend un bras. On utilise le produit Covid Organic tel qu’il est utilisé à Madagascar avec d’autres ingrédients, et le deuxième bras c’est le bras de nos traitements actuels. Après nous allons comparer pour une population égale de cinquante patients cinquante patients, aux termes de l’étude pour voir si ce produit a prouvé son efficacité par rapport aux protocoles que nous utilisons traditionnellement.

Voila ce qui va être fait. Par conséquent il faudrait que les gens soient un peu patients. Malheureusement ce que nous avons n’est pas destiné à toute la population congolaise. Ce n’est pas possible. Il faut que dans un premier temps nous validions cela, et que s’il est validé que le Covid Organic est efficace, si cela est prouvé, pourquoi ne pas demander à nos autorités de se ravitailler en quantité plus importante pour les prochains patients.

G.C.M : Vous ne pouvez donc pas pour l’instant dire concrètement quand le Covid Organic pourra être donné aux patients ? 

A.E.D : Nous avons commencé avec la partie préventive, cela veut dire que d’ici le mois de juin nous aurons rendu les résultats. Pour ce qui est du volet curatif nous espérons commencer la semaine prochaine après toutes les autorisations, tout le circuit que j’ai cité. Et ce sera certainement à la fin du mois de juin début juillet qu’on peut avoir les premiers résultats ! Pour être en mesure de dire que nous sommes sur une bonne voie parce que nous n’allons pas censurer nos collègues malgaches, ils ont dit que le produit a une efficacité. Nous n’allons pas les contrarier mais nous allons vérifier si cette efficacité est scientifiquement démontrée ! Vous savez que les organismes internationaux ont émis des doutes sur ce produit, ils attendront nos travaux. Il faudrait que ces travaux soient faits avec sérieux, on ne doit pas les faire dans la légèreté, mais avec tous les éléments nécessaires.

Propos recueillis  par téléphone par Jean Eudes GANGA MICKEMBY

Audio : Version audio de l’interview 

Photo : Le Professeur Alexis ELIRA DOKEKIAS (Droits réservés)

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