Gouvernance

CONGO/BUDGET SANTÉ 2019: DES FONDS ALLOUÉS À DES PROJETS PRESQUE INEXISTANTS !

La Coalition congolaise ‘’Publiez ce que vous payez’’ (PCQVP) a rendu public, le lundi 13 septembre 2021 à Brazzaville, un rapport critique sur le suivi des investissements publics dans le domaine de la santé, exercice budgétaire 2019. Dans ce document d’une trentaine de pages intitulé « A quoi a servi le budget des investissements publics du ministère de la santé en 2019?», le réseau des ONG qui luttent en faveur de la transparence et la redevabilité dans la gestion des finances publiques note « Une très faible exécution du budget de la santé » et épingle, entre autres, problèmes qui handicapent l’accès aux soins de qualité et de proximité au Congo Brazzaville, « La récupération des projets à des fins politiques, l’affectation des crédits pour l’équipement à des projets non achevés, l’abandon de plusieurs projets démarrés dans les précédents budgets d’investissements, les hypothèses des financements des évacuations sanitaires des élites par le budget du ministère de la santé ».

Au cours d’une conférence de presse consacrée à la présentation du septième rapport de la Coalition congolaise ‘’Publiez ce que vous payez’’ sur le suivi des investissements publics de 2019, dans le secteur de la santé, Christian MOUNZEO, Coordonnateur de cette plateforme de la société civile, a indiqué que les investigations menées dans le cadre de la campagne PCQVP ont révélé : « Une très faible exécution du budget de la santé, car aucun des projets évalués n’est complètement achevé », alors que « La loi de règlement affiche un montant de 9.650.189.265 FCFA correspondant aux dépenses ordonnées dont la réalisations ne sont pas perceptibles sur le terrain ».

S’appuyant sur les 77 projets 2019, estimés à un investissement total 19.642.000.000FCFA concernés par cet exercice de suivi, Publiez ce que payez, qui a dit n’avoir pu visiter que 35 projets en raison des refus de collaboration des responsables sanitaires de certaines localités dont Brazzaville, malgré la signature en janvier 2021 d’un protocole d’accord entre cette coalition et le ministère en charge de la santé,  révèle dans son rapport que « 37,14% des projets ont été réalisés partiellement et sont fonctionnels ; 17,14% sont arrêtés et 8,57% n’ont pas encore démarré ». Des investissements que l’ONG qualifie de « Gaspillage des ressources se traduisant par le maintien à l’état des projets abandonnés actuellement en piteux état pour bon nombre d’entre eux.» avant d’inviter le gouvernement à les relancer pour une large couverture sanitaire.

L’ONG précise qu’en dehors des dysfonctionnements qui minent l’efficacité de la dépense publique, notamment l’absence de suivi de la part des structures de l’état, de nouveaux problèmes viennent accentués le défi à l’accès aux soins de qualité et de proximité dans le pays. L’organisation se demande pourquoi descrédits sont affectés pour l’équipement à des projets non achevés, notamment  les centres de dialyse de Brazzaville et de Pointe-Noire et les hôpitaux généraux.

« Nous sommes à notre 7ème étude et malheureusement nous constatons, comme pour les exercices précédents, qu’il y a des sommes qui sont allouées pour l’équipement des 12 hôpitaux généraux alors que ces infrastructures ne sont pas encore achevées. Nous avons pu voir qu’il y a des sommes d’argent qui ont été allouées pour l’équipement des centres de dialyse de Pointe-Noire et Brazzaville depuis le budget de 2017, 2018 alors que ces centres de dialyse ne sont pas encore construits », a précisé Brice MAKOSSO.

Face à ces constats l’ONG souligne dans son rapport un contraste entre le taux d’exécution du budget 2019 annoncé dans la loi de de règlement et les réalisations sur le terrain et interpelle les parlementaires sur la nécessité d’exercer leur mission de contrôle de l’action du gouvernement. « Nous interpellons les parlementaires afin que ceux-ci s’assurent qu’ils allouent des crédits à des structures qui existent réellement. Il leur revient de vérifier, puisqu’ils viennent de la base. Ils sont à mesure de vérifier que le centre de dialyse de Brazzaville n’est pas achevé et que celui de Pointe-Noire n’existe pas », a-t-il poursuivi.

La Coalition Publiez ce que vous payez a formulé une série des recommandations dans laquelle elle réitère ses demandes et propositions consignées dans son rapport de 2020. Des  adressées au gouvernement, aux parlementaires, à la Haute autorité de lutte contre la corruption, au ministère de la justice, etc.

Photo 1 : Christian MOUNZEO ET Brice MAKOSSO lors de la présentation du rapport

Photo 2 : Vue des journalistes lors de la présentation

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