CONGO : ALERTE ! DIFFICILE ACCES AU MANIOC DANS LA COMMUNAUITE URBAINE DE ZANAGA

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Si vous devez vous rendre dans la localité de Zanaga située dans le département de la Lékoumou au sud du Congo, et que vous êtes consommateurs de manioc, ce ne serait pas mauvais de faire quelques provisions quand la possibilité vous est offerte. En effet, dans le marché de la ville qui commence à 6 heures et où l’on ne trouve plus de vendeurs après 9 heures, le manioc est rarissime. Un spectacle y est souvent observé, l’envahissement de tout vendeur qui arrive avec sur sa tête une cuvette ou un panier contenant des maniocs.

John est en séjour pour quelques jours dans la ville. Il doit chaque jour se rendre au marché très tôt le matin pour acheter du manioc. Mais hélas, ce n’est pas tous les jours qu’il en trouve, nous confie-t-il. Il doit trouver des alternatives, malgré lui.

Les causes…

Les vendeurs du marché que nous interrogeons au sujet de ce phénomène nous confient que les tubercules de manioc pourrissent   dans le sol à cause d’une maladie. Pour   vérifier ces informations nous nous rendons chez Noé BANVI, chef du secteur agricole de la sous préfecture de Zanaga. Cet homme nous reçoit dans sa maison, qui est aussi son bureau, et nous confirme que les tubercules de manioc sont effectivement attaqués par des maladies.

Le premier problème, c’est la mosaïque qui fait apparaitre des taches sur les feuilles de la plante et qui provoque l’assèchement des tubercules. Une réponse a été apportée par l’Etat à travers un projet, le PADEF. Il s’agit de l’introduction de boutures résistantes à savoir le Paicor et le 0162 appelé papaye par les producteurs. Des centres de multiplication des boutures gratuitement distribués aux producteurs ont ainsi été crées. Les résultats ont été encourageants.

Depuis 2016, une autre attaque !

Depuis l’année 2016, nous a confié le Chef du secteur agricole, on constate le pourrissement des tubercules ainsi que l’assèchement des boutures. La réponse cette fois ci a consisté en des prélèvements d’échantillons envoyés dans des laboratoires étrangers, et les résultats sont toujours attendus , nous a confié le Chef du secteur agricole.

Idées reçues, et pesanteurs culturelles

Selon Noé BANVI, le Chef du Secteur agricole, les populations n’ont pas favorablement apprécié la qualité des tubercules produits par les boutures apportées dans le cadre de la lutte contre la mosaïque, car ils seraient moins gros que ceux des variétés traditionnelles. Pour certains observateurs, il ne s’agit là que de pesanteurs culturelles et des idées reçues qui font croire que le meilleur tubercule est celui produit par la bouture héritées des grands parents.

Par ailleurs, il convient de noter que les producteurs ne sont pas toujours respectueux des consignes de planting. En effet, ces derniers dans un même champ, plantent les boutures vulnérables et les boutures améliorées qui finissent par perdre leur efficacité, regrette le Chef du secteur agricole.

Il y a bien d’autres facteurs… 

Noé BANVI évoque plusieurs autres facteurs qui influenceraient la rareté du manioc dans Zanaga. La préférence pour les producteurs de vendre aux commerçants qui arrivent dans la ville avec leurs camions , le nombre insuffisant des parcs de multiplication de boutures ( trois seulement) pour les 27 villages que compte la Sous préfecture, l’exploitation par les populations de surfaces trop petites.

Une préoccupation départementale et transfrontalière

Il est a noter que cette malheureuse situation de maladie des plants de manioc et de fait de rareté de manioc (le produit fini conditionné), n’est pas que l’affaire de la Sous préfecture de Zanaga. Sont aussi concernées, les Sous –Préfectures de Kimono, et de Bambama dans le même département de la Lékoumou frontalière du Gabon, où le problème se pose aussi, à en croire les témoignages d’une femme Gabonaise rencontrée au marché de Zanaga.

Pas donc facile de trouver du manioc à Zanaga, surtout lorsque l’on est étranger dans la ville. Et cela va peut être choquer certains, même une bonne partie du foufou (la farine de manioc) consommée dans la ville provient des villages situés sur l’axe routier Sibiti* – Loudima*, a-t-on appris. En rappel, le manioc est l’aliment de base dans tout le Congo.

*Sibiti est la capitale du département de la Lékoumou ( à plus de 160 kilomètres de Zanaga)

*Loudima est une sous préfecture situé dans le voisin département de la Bouenza ( à environ 250 kilomètres de Zanaga)

Photo 1 : Un champ de manioc proche d’un village de la Sous Préfecture de Zanaga

Photo2 : Le marché de Zanaga

Crédit photos : Groupe Congo Médias

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