CINEMA : « BIENVENUE AU GONDWANA » ET « UNE FEMME PAS COMME LES AUTRES » OUVRENT LE BAL DU FESTIVAL TAZAMA

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Les films « Bienvenue au Gondwana » de Mamane et « Une femme pas comme les autres » d’Adoulaye Dao ont rythmé les soirées du 11 et 12 mai 2019 à Brazzaville après l’ouverture  officielle de la 5ème édition du Festival TAZAMA. C’est autour de ces films où la femme joue le rôle moteur d’actrice principale qu’a porté les échanges entre la presse et ces actrices le lundi 13 mai à l’Institut Français du Congo.

C’est sur les problématiques majeures du cinéma africain liées à son  développement, à la place de la femme, ses productions, ses rendements, l’apport du Festival TAZAMA… qu’étaient axées les préoccupations des journalistes auxquelles les actrices de ces deux films ont répondu l’une après l’autre au cours de la première  conférence de presse dudit festival.

Cette conférence qui cadre avec les objectifs du Festival visant à faire la promotion des films des femmes africaines a mis l’honneur Prudence MAÏDOU, originaire de la République Centrafricaine , actrice principale dans « Bienvenue au Gondwana »,un film sorti  en 2016 et qui  traite des élections présidentielles controversées mettant en scène un dictateur décidé à rester au pouvoir en trichant et une jeune fille révolutionnaire au nom de Betty,  et Georgette PARE, actrice du film « Une femme pas comme les autres » , une production de 2009 dans laquelle une femme dirigeante d’entreprise prospère du nom Mina, qui se sentant trompée dans son propre lit conjugal par son mari  avec qui elle vit depuis sept ans, décide  de prendre un deuxième époux mettant le premier dans une situation d’extrême jalousie.

Le développement du cinéma africain rencontre  plusieurs difficultés malgré le fait que les sujets qu’il traite sont toujours de nature à captiver le public. Il s’agit des problèmes liés au manque des moyens pouvant faciliter la production d’une part aux conditions politiques dans certains pays qui handicapent l’éclosion du septième art sur le continent. Un développement qui avance à pas de caméléon selon les réalités de chaque pays.

En ce qui concerne la place de son pays, la République Centrafricaine, Prudence MAÏDOU n’est pas allée loin pour qualifier ce cinéma « d’inexistant » et a pointé  les conditions politiques comme la  cause de  cette inexistence. Une situation qui ne lui facilite pas les choses malgré sa volonté de lancer ses initiatives au profit du développement de ce septième art: « C’est un sujet qui me travaille énormément en ce moment.  J’ai envie d’aller faire des choses chez moi malgré les conditions politiques ne me le permettent pas pour le moment mais, il faut y aller. Normalement j’ai prévu après le TAZAMA(…)  de me rendre en République Centrafricaine ouvrir ma boite de production. Je viens de terminer  d’un scénario  qui va se tourner entre la Centrafrique et le Sénégal ». Un film en coproduction qui traitera d’une histoire d’amour avec au centre des personnages de confession religieuse  différente. L’idée étant de faire bouger les choses dans ce pays où l’opposition  entre les Chrétiens et les Musulmans est  souvent présentée par les politiques comme la cause des violences qui menacent la paix en Centrafrique : « c’est court métrage qui va parler  d’une histoire d’amour entre un musulman et un chrétien parce que le problème qui se passe chez moi, on essaie de nous faire croire que ce sont les musulmans et les chrétiens alors que nous savons que c’est une guerre économique».

Le film purement fictif  d’« Une femme pas comme les autres » dans lequel Mina joue  la patronne au sein d’un foyer au détriment du pouvoir de l’homme comme il est de coutume dans la société, est une sorte d’interpellation de l’homme pour l’inviter à se mettre à la place de la femme qui supporte  certains de ses erreurs au quotidien.

Par ailleurs,  la question du rendement des productions cinématographiques demeure un problème majeur sur  le continent. Cette situation est aussi due d’une part à l’inexistence des politiques de promotion du septième art et la situation sociale des populations dans certains pays où le manger demeure une préoccupation majeure au quotidien ce qui handicape  la  présence massive de ces dernières aux lieux de projection de films, surtout quand l’accès est conditionné par le paiement de tickets. Cette problématique préoccupante pour le développement du cinéma ne permet pas aux artistes de vivre pleinement de leur métier.

Pour Georgette PARE, qui a dit s’être lancée dans le  cinéma par passion mettant l’argent au second plan a précisé qu’elle ne vit pas  totalement de son métier. Elle  a d’autres activités complémentaires qui lui permettent de vivre tandis que les autres ont affirmé vivre de ce métier. Des activités complémentaires que toutes les stars du cinéma africain présentes à Brazzaville  ont souligné l’importance. A l’endroit des jeunes qui s’intéressent au septième art, Nastou leur a demandé de se former et bien se former pour garantir une meilleure carrière cinématographique.

A noter que le Festival TAZAMA lancé le 11 mai se poursuit jusqu’au 18,  avec au menu des projections des films et documentaires et des conférences de presse organisées chaque jour à partir de 11h30 autour des films  projetés la veille.

Photo1 : Les deux conférencières encadrant le modérateur

Photo2 : Vue des participants

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